septembre 18

Relation frères et sœurs : Les 7 erreurs pour éviter les conflits dans la fratrie

Temps de lecture : 15 minutes

Relation frères et sœurs : les 7 erreurs pour éviter les conflits dans la fratrie

📑 Sommaire

Les disputes sont monnaie courante entre les enfants. Que ce soit au sein de la famille ou avec des ami(e)s. Mais c’est souvent quelque chose qui nous peine encore plus lorsque cela impacte la relation entre frères et sœurs.

Cela entre en contradiction avec l’image idéalisée que nous avons de la famille : l’harmonie, l’amour et l’entente de chacun.

Pourtant, sans t’en rendre compte, il est très facile en tant que parent de commettre des erreurs qui peuvent alimenter la mésentente, les disputes entre tes enfants.

Je te partage aujourd’hui les 7 erreurs dont j’ai pris conscience, ainsi que les solutions pour les éviter afin de te permettre de créer un climat qui favorise la bonne entente au sein de ta famille !

erreur N°1 qui nuit aux relations : le statut de « grand » ou « petit » (frère ou sœur)

Tu le sais, les mots ont toute leur importance. C’est pourquoi j’ai des épisodes qui sont dédiés aux pièges que peuvent révéler certains mots, certaines expressions (comme l’épisode 12 « Tu es grand maintenant » ou l’épisode 14 « Tu vas me manquer »)

Et bien, placer un adjectif qualificatif pour désigner le « rang » de ton enfant n’est finalement pas neutre pour la nature de relation entre tes enfants…

Je m’explique en prenant un exemple, ce sera plus concret.

Imaginons que tu as une configuration familiale de 2 enfants : une fille et un garçon. Dire à ta fille qu’elle a un « petit » frère ou à ton fils qu’il a une « grande » sœur a un impact inconscient sur leur relation, leur ressenti quant à leur place dans la famille.

(C’est exactement la même chose si tu utilises des mots comme « aîné », « cadet », « benjamin », etc.)

La place dans la fratrie

Ce que je te propose c’est un changement de regard pour comprendre ce que sous-entend « grand » ou « petit » lorsque tu parles de la position de ton enfant au sein de la fratrie…

Tu te dis peut être que je chipote, je joue sur les mots, je coupe les cheveux en 4… Mais permet-moi de développer mon idée pour te faire une idée…

Je vois 2 effets qui peuvent nuire à la relation entre tes enfants en utilisant des qualificatifs quant à la place qu’il occupe dans la famille :

1er effet : la domination / soumission

Entre les lignes, dire que ton enfant est « grand » frère ou « petite sœur », c’est induire l’idée que ton aîné est supérieur à ton cadet. C’est insinuer qu’en fonction de son rang dans la fratrie, il ou elle n’a pas les mêmes droits et devoirs.

Certes, il y en a bien un qui est né avant l’autre.

Mais est-ce que le fait que ton ainé soit né avant son frère ou sa sœur :

  • Marque une différence entre tes enfants quant à leur relation entre eux ?
  • Lui donne plus de droits ou d’obligations que son frère ou sa sœur?
  • Lui confère plus de pouvoir, plus d’autorité sur son frère ou sa sœur ?

Et pourtant, de manière tout à fait inconsciente, lorsque tu dis que ton enfant est « grand frère » ou « grande sœur », cela induit l’idée que ton enfant dispose d’une certaine autorité sur son frère ou sa sœur.

2 frères et 1 soeur d'âges différents jouent ensemble à un même jeu de société

Cela instaure dans l’inconscient familiale une sorte de hiérarchie et donc de potentielle domination de l’ainé sur les autres enfants de la fratrie.

Si tu me suis, j’en ai un peu parlé dans ce qui peut être le terreau au harcèlement scolaire, lors de l’épisode N°6. Et c’est même le 1er ingrédient mentionné qui peut servir de terreau à des situations de harcèlement…

Ma vision, et peut-être ne la partageras-tu pas (et c’est OK), c’est que mes enfants sont égaux entre eux quant à leurs obligations et droits. Il n’y a pas de hiérarchie entre mes enfants. Et cela passe par le bannissement de mon vocabulaire des mots « petit » et « grand » frère ou sœur.

Pour favoriser la cohésion de la famille, de tes enfants entre eux, je t’encourage à les mettre tous sur le même niveau, afin de renforcer en eux ce sentiment d’appartenance à la même famille, et je dirai même, à la même équipe : l’équipe des enfants !

2ème effet : à chaque place dans la fratrie ses avantages et inconvénients

Le 2ème effet kisscool de préciser le rang de ton enfant dans la fratrie, est lié aux avantages et inconvénients de ce qu’implique le fait d’être l’ainé ou le cadet de la famille…

Si, tu le sais, ces petites phrases très communes :

« De toute façon, comme c’est le petit dernier, c’est ton chouchou et tu acceptes tout quand c’est lui qui demande »

« C’est pas juste, elle a le droit de le faire car elle est plus grande mais moi j’ai pas le droit. »

« J’en ai marre, c’est toujours à moi de m’occuper de lui car je suis le plus grand »

Et ce n’est là qu’un tout petit aperçu !

Etre « Grand frère » ou « Grande sœur »

Souvent, en tant que parent on a souvent tendance à demander aux ainés de surveiller leur frère ou leur sœur. Et ainsi, nous confirmons l’idée de hiérarchie entre les enfants, confiant une plus grande responsabilité à l’ainé. Si cela peut générer un sentiment de fierté pour ton ainé, cela peut également induire un sentiment d’opposition chez ton cadet, car une forme d’injustice, d’inégalité dans leurs droits.

Et dans certains cas cela peut aussi peser sur ton grand, qui a juste envie de profiter et de jouer. Pas de devoir assurer la responsabilité d’un frère ou d’une sœur.

grande soeur responsable de son petit frère au parc pour jouer
Crapopoulos sous la « surveillance » de sa sœur au parc du camping
(et oui, moi aussi il m’arrive de le faire… Maman parfaitement imparfaite, tout ça tout ça… 😋)

Tu le vois, des 2 côtés de tes enfants, cela peut créer des tensions entre eux et creuser un fossé entre eux… On est loin de la cohésion familiale que l’on souhaite encourager en tant que parent !

Etre un « Petit frère » ou une « Petite sœur »

Du côté de ton petit dernier ou petite dernière, le côté positif est effectivement le fait de se sentir couvé un peu plus. Son sentiment de sécurité est décuplé grâce à ses parents, et sa position de petit dernier de la fratrie en étant également sous l’aile protectrice de son frère ou de sa soeur.

La contrepartie à payer, est bien souvent d’avoir une double surveillance ! Celle des parents, mais également des frères ou sœurs qui peuvent potentiellement rapporter / sanctionner.

Sans parler du fait de garder le qualificatif de « petit » toute sa vie, même une fois adulte !

Ce que je te propose, c’est de regarder ton propre ressenti si tu fais toi même partie d’une fratrie :

  • Es-tu l’ainé.e ? La ou le cadet.te ?
  • Que gardes-tu comme ressenti de ton enfance dans ta relation avec tes frères ou sœurs ?
  • Es-tu encore nommé.e comme la « petite » ou « grande » sœur / frère ?

Si tu es fille ou fils unique, je te propose de regarder autour de toi les relations de tes proches avec leurs frères et sœurs

Se poser ces questions te permettra de te sentir au plus proche de tes enfants et de peut-être changer un peu ta façon de les nommer, dans le but de créer une cohésion familiale, fraternelle…

Mon conseil pour éviter les rivalités entre frères et sœurs :

Mon conseil pour prévenir une potentielle rivalité entre tes enfants, c’est de justement ne pas user de qualificatif indiquant le rang au sein de la fratrie.

Mais de simplement dire frère ou sœur, afin de renforcer l’égalité entre tes enfants quant à leur position au sein de la fratrie et d’éviter l’insinuation inconsciente d’une possible domination de l’un sur l’autre.

Erreur N°2 qui peut générer des conflits dans la fratrie : La comparaison entre les enfants

Tu le sais sans doute, la comparaison, les étiquettes sont des choses qui enferment les enfants et ne leur permet pas d’être eux-mêmes. Ils auront au contraire tendance à se conformer à ce que l’on dit d’eux.

Mais autant tu peux le savoir, autant le mettre est pratique reste assez compliqué, il faut bien se l’avouer.

Car la comparaison est quelque chose de naturelle.

Comparer nos enfants permet de nous rassurer en tant que parents, quant au développement de son enfant (acquisition de la marche, de la continence, du langage, le sommeil, etc.)

Mais le revers de la médaille, c’est que cela peut instaurer un climat de compétition entre tes enfants.

Et tout, absolument tout peut être sujet à la comparaison. Qu’elle vienne de toi, de l’entourage de ton enfant, du reste de la famille, de l’école… Ou même les enfants entre eux !

Leur taille, leur physique, caractère, échecs, réussites, qui a terminé de manger en premier etc…

Ma Confession :

J’ai pris conscience d’un élément de comparaison que je n’avais pas identifié et qui peinait ma fille. Autant mes fils ont hérité de la couleur de mes yeux, de mes cheveux ou de la couleur de peau, autant ma fille dénote dans notre famille.

Avec mon mari, nous sommes ce que nous pouvons appeler des cachets d’aspirine ! Lui bronze à la manière des roux, avec une multitude de grains de beauté, moi je ne bronze pas très facilement.

photo de famille où les garçons ressemblent à leur mère mais pas la petite fille
Photo de notre famille (pour une fois nous avons pris des couleurs!)

Ma fille a hérité des gènes de sa grand-mère paternelle, avec une peau légèrement mate, qui bronze au moindre rayon de soleil. Et de l’intensité du regard noir de son arrière-grand-père paternel (là où moi et mes fils avons les yeux bleu)

Tout le monde relève facilement ma ressemblance avec mes fils. Mais ma ressemblance physique avec ma fille est beaucoup plus discrète.

Elle, qui se sent déjà un peu à part, étant la seule fille de la fratrie et surtout occupant la position de N°2 dans une fratrie de 3 (c’est à dire qu’elle n’a pas les avantages de l’attention portée au premier… ni ceux du petit dernier… La position ingrate par définition!) cela commence à faire beaucoup. Et j’ai mis du temps à identifier que le fait que mes fils me soient comparés, mais pas elle, la chagrinait. Elle ressent un peu le sentiment du vilain petit canard…

Si je te partage cela, c’est pour t’illustrer que la problématique de la comparaison n’est pas toujours directe. Elle peut être indirecte et tout autant faire souffrir.

Mon conseil pour renforcer la cohésion entre frères et sœurs

Mettre l’accent sur les qualités de chacun

Au lieu de comparer les enfants, je te propose de mettre l’accent sur les qualités de chacun.

Sans souligner si l’un ou l’autre de tes enfants est également ainsi.

L’idée est plutôt de mettre en avant les particularités de chacun et de les présenter comme des forces. Ce qui rend unique ton enfant.

Si je reprends l’exemple de ma fille, je mets l’accent sur les qualités de mes fils (sans les comparer à moi), en notant leurs différences. Dans mon exemple, il s’agit de particularités physiques, mais cela s’applique bien évidement à tout!

Par exemple, je ne dis plus que mes fils ont mes yeux (ou si quelqu’un le relève, j’acquiesce en mettant en avant leur unicité, au même titre que celle de ma fille).

Maintenant, je relève le fait que Chocapic a des yeux bleu clair, avec une certaine géométrie dans l’iris, là où Crapopoulos est plus proche d’un bleu gris. Choupinette a des yeux marron très expressifs, intensifiés par une auréole bleue foncée (ce qui lui donne un regard qui peut t’enjouer sur l’instant où littéralement te clouer sur place !)

De cette façon, en décrivant ce qui rend unique tes enfants, cela évite une quelconque comparaison ou compétition entre eux. Et c’est un point de plus dans la création de cohésion de la relation de tes enfants !

jouer la carte de l’équipe

L’autre solution que je te propose pour éviter les comparaisons et la compétition, c’est de renforcer l’image d’équipe entre tes enfants.

Privilégier le collectif au lieu de l’individuel.

Pour te donnes des cas concrets, je te propose 2 exemples :

  • Débuter un nouveau jeu quand le précédent est rangé.

Si tu demandes à chacun de tes enfants de ranger leur chambre (par exemple) afin de commencer un jeu en famille, une balade à vélo, etc, le retardataire pénalisera toute la famille et risque de se faire pointer du doigt… Tu comprends certainement que là, on s’éloigne de l’idée de la cohésion entre tes enfants…

Ce que je préfère faire, et te propose d’adopter si l’idée te séduit, c’est de donner comme consigne que toutes les chambres soient rangées. Et d’insister que c’est un travail d’équipe. La différence peut te sembler minime, mais dans le premier cas, je dis « chacun doit ranger sa chambre ». J’insiste sur l’individualité de la tâche. Ce que je te propose d’adopter ici, c’est de parler d’une manière globale : « Toutes les chambres doivent être rangées ».

Ainsi je renforce l’idée d’une équipe des enfants. Ils forment un groupe solidaire. Les plus « grands » peuvent aider les plus « petits ». S’ils ne le font pas, c’est OK aussi. Mais c’est de leur responsabilité si l’opération demande plus de temps. La responsabilité est collective et partagée. Ce n’est pas le petit dernier ou celui qui traine des pieds qui est pointé du doigt….

  • Un autre exemple : la préparation avant le départ à l’école.

Si l’un de tes enfants trainent particulièrement des pieds le matin pour partir à l’école, il est très facile de sombrer dans la compétition en pointant du doigt l’enfant qui met tout le monde en retard pour partir à l’école et au travail. Le risque, tu le comprends facilement, c’est que tes autres enfants en veuillent à celui qui est moins motivé, et de son côté, lui risque de se sentir mal, honteux, coupable… et du coup peut être encore plus en colère de devoir partir pour aller à l’école… Un bel exemple de renforcement négatif, ou comment auto-alimenter un cercle vicieux !

Ce que je te propose, c’est encore une fois d’encourager le collectif dans les préparatifs : tu peux demander à ceux qui sont près en premiers (et non pas le plus grand… si tu suis mon raisonnement cité plus haut 😉) de donner un coup de main, afin que tout le monde puisse partir à temps.

Tu peux aussi proposer un « ennemi » commun afin de renforcer la cohésion du groupe. C’est ce que je t’ai parlé dans mon article concernant mes astuces quand ton enfant refuse de partir… Rendre ludique le départ en proposant de battre la montre, ou le Maitre du Temps… Ainsi, au lieu de focaliser sur celui ou celle qui induit le retard, le groupe focalise sur un objectif commun…

maitre du temps de l'émission fort boyard

Erreur N°3 : rechercher l’égalité absolue entre frères et sœurs

Là, tu vas me dire :

Mais Maude, c’est complètement contradictoire avec ce que tu viens de me partager ! Tu me déconseilles d’insister sur la place de mon enfant sur la fratrie au nom de créer de l’égalité entre les enfants et maintenant, tu me dis que l’égalité absolue entre les enfants est une erreur à éviter! Faut savoir à la fin !

Oui, je sais, cela peut paraitre contradictoire. Et pourtant, je fais bien une différence entre les 2.

Oui, je te conseille de gommer les différences entre tes enfants concernant leur place, leur rang dans la famille.

Pour autant, vouloir l’égalité entre les enfants est à mon sens utopique.

J’entends ici par égalité : Si un de mes enfants reçoit un certain cadeau pour leur anniversaire ou Noël, rechercher l’égalité en choisissant un cadeau similaire pour tes autres enfants.

En tant que parent, nous cherchons à être le plus juste possible entre nos enfants. Que ce soit en terme d’amour, de présence, mais aussi d’un point de vue matériel.

Je me souviens de mon beau père qui voulait offrir à chacun de ses enfants une voiture à leur permis. Sauf qu’avec l’écart d’âge des enfants, le cadet a bénéficié d’une voiture avec un meilleur équipement car entre temps les voitures avaient évoluées…

Il est normal et noble de vouloir est juste et équitable entre ces enfants.

Mais à vouloir l’être absolument, nous pouvons, sans nous en rendre compte ne plus l’être du tout, et au contraire, générer un sentiment d’injustice chez l’autre enfant.

Si je te prends un exemple un peu plus proche de ta vie actuelle que le fait d’offrir une voiture aux 18 ans de tes enfants, à la naissance de ton deuxième, tu as pu vouloir être toujours aussi présente et aimante auprès de ton ainé, un nouveau-né ayant des besoins vitaux, tu n’as pas pu être aussi présente que tu l’aurais souhaité avec ton ainé. Et c’est normal. Et pourtant, ce n’est pas équitable, ce n’est pas juste.

Et bien ce que je souhaite te faire prendre conscience, c’est que tes enfants auront toujours des besoins qui leurs sont propres et spécifiques, même en grandissant.

Et que donc ta quête de l’égalité absolue est vaine.

Mon conseil pour renforcer la relation entre tes enfants

Ce que je te propose à la place c’est de chercher à coller au plus près des besoins de chacun, dans le but d’être juste (dans le sens « équitable ») pour chacun d’eux, et non pas d’être équitable entre eux.

Il s’agit donc de rester à l’écoute des besoins de chacun de tes enfants, dans leur unicité et spécificité.

enfant joue aux cartes pokemon

Ce n’est pas parce que l’un de tes enfants te demandent des cartes Pokémon (tout à fait par hasard, ce n’est pas du tout du vécu 😂) que tu dois en acheter à tous tes enfants afin d’être équitable.

L’idée ici, serait plutôt de demander à chacun de tes enfants ce qui lui plairaient comme petit cadeau également (par exemple des cartes autocollantes type Panini etc.)…

Ma confession

Car oui, j’ai fait cette erreur.

Chocapic a voulu des cartes Pokémon, alors j’en ai acheté à Choupinette… qui n’a aucune idée de comment on y joue, quelle carte a de la valeur etc. Certes, elle est heureuse d’avoir comme son frère, mais il aurait été mieux de lui demander ce qu’elle désirait, afin de répondre à son besoin à elle. Ca aurait évité d’avoir des cartes de perdues, des cartes qui sont abandonnées et non utilisées !

C’est cela être équitable pour tes enfants : Ecouter et coller à leurs besoins spécifiques.

Erreur N°4 qui crée des tensions dans la fratrie : vouloir connaitre l’identité du coupable

Je te laisse imaginer la scène de ton choix : Celle où tu constates qu’une bêtise a été faite, quelque chose a été oublié, quelque chose d’abimer / détruit / perdu.

Quelle question te vient immédiatement en tête ?

« Qui est ce qui a fait ça !!!!!!!! »

C’est une phrase tellement naturelle, qui sort toute seule.

Et pourtant, j’aurai tendance à dire que si tu ne mets en place que ce changement là parmi mes 7 propositions, ce sera un pas énorme vers la cohésion de tes enfants et créer une relation saine et solide entre frères et sœurs !

La question, telle qu’elle est posée à nos enfants est claire : Nous cherchons le nom du ou la coupable.

Que les projecteurs de la honte et de la culpabilité soient braqués sur cette personne.

Cela favorise la dénonciation

Chercher à connaitre l’identité du ou de la coupable a pour conséquence de pousser tes enfants à la dénonciation entre eux. Mais également à des ruses pour éviter de se faire prendre (mensonge, silence, etc.) Si tu souhaites creuser le sujet des mensonges chez les enfants, je te recommande un article que j’ai écrit à ce sujet : Comprendre pourquoi ton enfant te ment, et savoir comment réagir.

Tu le comprends donc facilement, poser la question « Qui a fait ça » pousse plutôt vers l’individualisme de tes enfants et non pas la construction d’une mentalité d’équipe !

Mon conseil pour favoriser la bonne entente entre frères et sœurs

C’est un des touts premiers trucs que j’ai mis en place lorsque j’ai débuté dans la Parentalité Bienveillance, tiré de ma lecture « Frères et Soeurs sans rivalité », d’Adele Faber et Elaine Mazlish. Ce livre est une véritable bible et je te le recommande si tu ne le connais pas.

Ce que je te propose donc à la place, c’est d’opter pour la description de ce que tu constates, suivi du rappel de la règle.

Par exemple, ce matin j’ai retrouvé le tube de dentifrice ouvert, ayant repeint le lavabo, le tout, complètement séché. Bref, un tube quasi neuf complètement foutu.

Voici ma réaction :

« Zut, le tube de dentifrice est complètement fichu, il n’a pas été rebouché et du dentifrice a été étalé partout dans le lavabo. Je ne veux pas savoir qui, mais je vous rappelle que le dentifrice se met uniquement sur la brosse à dent et après utilisation on referme et on le pose sur la tablette !

Tu le vois, j’en remets même une couche en insistant sur le « Je ne veux pas savoir qui »… Et pour être très honnête, il est plus à ma destination afin de contrer mon réflexe du QUI a fait ça!

Mais je me concentre surtout sur la description de ce qui me met en colère, et je rappelle la règle à tout le monde. Une petite piqûre de rappel ne fait jamais de mal !

J’ai remarqué qu’en procédant ainsi, j’ai très souvent le « coupable » qui se dénonce de lui-même. Attention, je le reprécise : Ce n’est pas à tous les coups, et finalement, ce n’est pas mon but de savoir qui. Je fais simplement le constat que mes enfants se sentent plus libres d’avouer la bêtise, ils savent que je ne vais pas les « punir ». Simplement leur demander de réparer, nettoyer avec moi au besoin. Si tu souhaites creuser les solutions qui s’offrent à toi en alternatives aux punitions, je te conseille l’épisode 8 du podcast.

Le fait de ne pas faire une chasse aux sorcières en cherchant absolument le responsable permet d’atténuer le sentiment de honte et de culpabilité de ton enfant. Il sera alors plus disposé à dire que c’est lui, ou bien à participer au nettoyage ou réparation…

Quand mon enfant se dénonce, je le remercie toujours de son honneteté. Et je continue sur le rappel de la règle en l’énoncant à tous, pas seulement à celui qui est concerné.

C’est ce que l’on appelle du renforcement positif : J’ancre de manière positive (c’est à dire associé à une émotion positive, ici le soulagement par exemple), un comportement que je souhaite que mon enfant développe. Dans mon cas, l’honneteté…

Parce que finalement, ce que tu recherches, c’est que ton cadre, les règles de ta maison soient respectées.

Ca ne t’apporte rien de savoir QUI ne les respecte pas ! Si ce n’est pouvoir passer tes nerfs sur la personne… Mais tu avoueras que ce n’est pas très constructif !

Erreur N°5 lors des disputes entre les enfants : Intervenir

Une autre erreur, qui est un grand classique pour nous, parents, c’est d’intervenir quand nos enfants se disputent, quand le ton monte.

Seulement voila, intervenir dans la relation entre tes enfants, entre frères et soeurs a quelques inconvénients que je te partage aujourd’hui :

Inconvénient N°1 de ton intervention : Tu as le sentiment de faire le gendarme ou l’arbitre entre tes enfants

Cette impression vient du fait que ton intervention, lors d’une dispute entre frères et soeurs, fait basculer la relation parent – enfants dans ce qui s’appelle le Triangle de Karpman.

Dans l’épisode N°6 où je te donne les clés pour aider ton enfant dans des situations de harcèlement, j’ai abordé ce que l’on appelle en psychologie le « Triangle dramatique », ou triangle de Karpman du nom du Dr Stephen Karpman qui a mis en évidence ce scénario relationnel des « jeux » psychologiques (si on peut appeler cela des jeux!)

Dans ce scénario relationnel il y a 3 protagonistes :

  • Le Persécuteur,
  • La Victime
  • Le Sauveur
triangle relationnel avec à chaque sommet un protagoniste : le sauveur, l'agresseur et la victime

Si tu souhaites aller plus loin dans la compréhension du triangle dramatique et le rôle de chacun, je t’invite à écouter cet épisode

Toujours est-il qu’en intervenant entre tes enfants lors de leur dispute ou conflit, tu prends automatiquement et inconsciemment la position de Sauveur de ce triangle. Placant defacto l’enfant agresseur en persécuteur, et celui qui se plaint comme la Victime.

La solution devient donc inextricable sans ton aide.

C’est pour cela que tu as souvent l’impression d’être le gendarme ou l’arbitre avec tes enfants.

C’est parce que tu interviens (volontairement ou sur la demande d’un de tes enfants) et prends cette place de « Sauveur ».

Le 2ème effet Kisscool du triangle de Karpman, c’est que l’enfant qui se sent agressé, qui se positionne en « victime » et qui a intégré le fait que tu viendras en « sauveur » aura tendance à tirer la sonnette d’alarme de plus en plus tôt, au moindre signe d’hostilité de la part de son frère ou de sa soeur.

Tu ne comptes alors plus les appels du style « Maman, il m’embête » qui ne sont rien de moins qu’un appel à l’aide, un appel au sauveur !

Ne pas rentrer dans le cercle vicieux du triangle dramatique c’est donc éviter un tas de sollicitations et demandes d’intervention de la part de tes enfants.

Je continue de lister les inconvénients de ton intervention et te propose une solution à la fin de ce chapitre. Sois rassuré.e, je ne vais pas te laisser ainsi !

2ème inconvénient de ton intervention : Tu prends parti et sème des graines de colère et d’injustice

Le 2ème inconvénient de ton intervention, c’est qu’intervenir entre tes enfants signifient prendre parti :

  • Consoler celui qui est blessé, embêté
  • Réprimander celui qui agresse, énerve

Si cela peut te sembler juste, aux yeux de tes enfants, ce n’est pas toujours le cas.

Car lorsque nous intervenons en tant que parent dans la relation entre frères et soeurs, nous n’avons pas connaissance de tout le contexte, toute l’historique. Nous avons souvent 2 versions qui peuvent même ne pas être concordantes.

On peut donc facilement se tromper sur l’identité de la victime ou de l’agresseur. Et donc susciter un sentiment de colère voir d’injustice chez un de tes enfants.

De plus, tu comprends bien qu’en intervenant, tu t’éloignes de la notion d’équipe, de la famille soudée dont je te parle depuis le début de l’épisode et à laquelle tu aspires ?

Comment espères-tu susciter la cohésion de tes enfants au sein d’un groupe soudé quand tu interviens pour diviser et trancher en faveur de l’un ou l’autre de tes enfants ?

Dis comme cela, je pense que tu vois l’incohérence que suscite les interventions parentales !

La seule chose que tu y gagnes, c’est les possibles graines de colère et d’injustice de la part d’un de tes enfants !

Comment réagir en cas de violence ? Si ton enfant tape, mord, pousse ?

Là, je sens pointer une objection de ta part :

« Ne pas intervenir, OK. Mais si mon enfant pousse, tape, mord son frère ou sa soeur, je ne vais tout de même pas ne rien faire et laisser continuer cette violence physique !?! »

Effectivement, on est bien d’accord, la violence, qu’elle soit physique ou verbale n’est pas acceptable.

Mais réagir ne signifie pas obligatoirement intervenir.

Intervenir signifie « agir entre », prendre part à une action.

Ce que je te propose dans ce cas-là c’est de séparer physiquement tes enfants afin de les protéger TOUS. Pas seulement celui qui subit. Mais l’ensemble des protagonistes de la bagarre.

Leur rappeler que la violence est non acceptable. Qu’ils ont le droit de ne pas être d’accord, d’être en colère. Mais une seule obligation : le respect des uns et des autres.

En procédant ainsi, tu t’adresses à tout le monde, pas spécifiquement à l’agresseur, ce qui aurait eu l’effet de te placer en sauveur.

En agissant ainsi, tu te places en spectateur de la relation, qui rappelle les règles à tout le monde.

Quelques fois les enfants sont tellement dans un pic d’adrénaline qu’il leur est impossible de réfléchir et de rationnaliser. Ils sont complètement sous l’emprise de la puissance de leurs émotions et il leur faut un peu de temps pour retrouver leur esprit. Tu peux alors leur proposer de se séparer physiquement, dans des pièces à part afin de laisser la tension redescendre.

Si savoir accompagner les émotions de ton enfant est quelque chose qui t’intéresse et que tu souhaites développer, tu peux télécharger mon guide : la Boussole des émotions que j’offre sur mon site.

Mon conseil pour pacifier les relations entre frères et soeurs : Ecoute & Médiation

La solution que je te propose d’adopter pour éviter de tomber dans le triangle dramatique, de devenir un arbitre sans cesse sollicité et préserver ainsi la cohésion, l’esprit de groupe de ta fratrie, c’est de prendre une place d’écoute et de médiateur.

Ecouter

Ecouter c’est accueillir la version de chacun. Sans jugement ni opinion de ta part.

De cette façon tu accueilles les besoins et les émotions de chacun de tes enfants.

Tous sur un pied d’égalité de traitement, afin de ne pas susciter de sentiment d’injustice ou de colère supplémentaire. Il n’y a pas de petit chouchou ni de vilain petit canard.

Comme les émotions et les besoins de chacun sont accueillis, tu fais redescendre la tension chez eux. Se sentir écouté a un fort pouvoir de soulagement.

Médiation

Ce que je te propose, après avoir écouté tes enfants et accueilli les émotions de chacun, c’est de résumer ce que chacun a dit, sans interprétation ni jugement, et de te positionner en Suisse : Tu es neutre et n’a pas d’opinion sur la question.

Ton rôle est d’être un support entre tes enfants afin de les encourager à trouver par eux-même un compromis acceptable pour chacun. Et non pas être acteur. Si tu agis, tu interviens, et donc prend la position du Sauveur dans le triangle relationnel.

Ici je te propose vraiment de changer de posture pour adopter celle d’un coach presque.

Un coach ne donne pas de solution, il accompagne les personnes à trouver les réponses qui lui conviennent, en lui posant les bonnes questions. Exactement ce que je propose dans mes accompagnements individuels.

Etre médiateur c’est donc finalement accompagner tes enfants à chercher un compromis.

Et tu le sais, sur ce podcast je te parle beaucoup de chercher le compromis. C’est d’ailleurs le cœur de l’épisode N°11, dans lequel je t’explique pourquoi et comment dire NON avec bienveillance à ton enfant. Dire NON, ce n’est pas fermé une porte, c’est chercher un compromis satisfaisant tout le monde !

En apprenant ainsi à tes enfants à rechercher par eux mêmes un compromis, tu plantes une graine supplémentaire pour créer une cohésion familiale entre tes enfants.

De plus, ils apprennent à travers la sphère familiale comment sortir d’un conflit (ce qui leur sera grandement utile dans leur vie privée et même professionnelle par la suite). Ca leur permet également de développer une certaine forme de confiance en eux, en leur capacité à savoir sortir seul d’une situation conflictuelle.

Bref, que des bénéfices… Et au passage, ils apprendront de plus en plus à savoir le faire, sans avoir besoin de te solliciter… Que demander de plus !

Erreur N°6 en cas de conflits entre frère et sœur : forcer son enfant à s’excuser

La 6ème erreur que j’ai récemment découverte est le fait de demander (pour ne pas dire « exiger ») à notre enfant de s’excuser, de demander pardon.

C’est très souvent ce que nous demandons, en guide de réparation à notre enfant quand celui-ci a été violent, ou a eu un comportement non acceptable vis-à-vis d’une autre personne.

Sauf qu’un post m’a aidé à ouvrir les yeux. Je ne me souviens malheureusement plus de la source….

S’excuser, demander pardon est une forme de soumission.

Alors, oui, certes la politesse est une qualité, une valeur essentielle.

Mais pour autant, sous couvert de politesse, est-il vraiment nécessaire de blesser son Ego en se soumettant, en ayant le sentiment de se rabaisser devant une autre personne ?

Je t’ai un peu parlé de l’Ego dans un précédent article concernant les mensonges des enfants dont je t’ai parlé un peu plus tôt.

L’Ego a mauvaise presse, mais ce n’est pourtant pas une mauvaise chose que d’avoir de l’Ego, c’est même essentiel !

Si tu souhaites creuser le sujet, je t’invite à lire cet article (tu peux me dire si tu souhaites que je fasse un épisode dédié à l’Ego, ca pourrait être un sujet intéressant…)

Alors, avec ce constat, je te propose de soigner l’Ego de ton enfant et de lui demander, non pas de s’excuser ou de demander pardon. Mais de lui proposer de se réconcilier.

Encore une fois, tu peux avoir le sentiment que je joue sur les mots.

Mais si demander pardon ou s’excuser ont une connotation de soumission, de passivité (on « demande » à l’autre de nous pardonner. Nous ne sommes donc pas acteur, mais dépendant de l’autre). Le fait de se réconcilier fait de nous une personne actrice de la relation.

Car la réconciliation nécessite une action des 2 protagonistes. L’un n’est pas dépendant, passif de l’autre…

Et ça change tout pour notre Ego ! Et surtout celui de ton enfant dans le cas de cet article !

Erreur n°7 du parent : vouloir que ses enfants s’aiment

Pour terminer cet épisode, je souhaiterai revenir sur un point essentiel.

Tellement essentiel que l’on l’oublie complètement :

Avoir un frère ou une sœur, c’est une relation que l’on ne choisit pas.

Autant on choisit ses ami.es, autant on ne choisit pas sa famille.

Et il est tout à fait possible que malgré tes efforts, tes enfants ne s’apprécient pas.

Que s’ils n’avaient pas ce lien de sang ou de cœur par ton intermédiaire, ils ne seraient jamais devenus intimes…

C’est un fait et probablement l’une des choses les plus difficiles à accepter en tant que parent.

Je n’ai pas de solution à cela, tu m’excuseras. Mais je ne pouvais pas ne pas te partager cette remarque.

Lorsque mes enfants s’écharpent au plus haut point, cette pensée m’effleure. Alors je leur répète qu’ils ont le droit de ne pas s’aimer. Mais que je leur demande de se respecter, comme n’importe qui.

On peut ne pas plaire à tout le monde, mais chacun a le droit au respect.

En tout cas, c’est ce en quoi je crois, une de mes valeurs fortes…

C’est donc sur ces mots que je termine cet article 🙂

J’espère qu’il t’aura donné quelques pistes à mettre en place pour aider tes enfants à être soudés et développer une belle entente entre eux …

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