mars 31

Comment réagir quand mon enfant ne veut pas partir

Temps de lecture : 4 minutes

Comment réagir quand ton enfant ne veut pas partir ?

Généralement on perd patience car à chaque sortie, chaque départ c’est une horreur : Ton enfant refuse de partir, refuse même de simplement mettre son manteau ! Pire, ton enfant se met à courir partout pour éviter de le mettre et donc de devoir quitter l’endroit où vous êtes…

Comme nous toutes, tu as probablement essayé de marchander, de faire du chantage, de patienter 15-20 minutes… Mais rien à faire : Tu es à bout de ressources et perd vraiment patience !

Il y a plusieurs raisons que je vois pour laquelle un enfant refusera de se préparer, de partir.

1. Ton enfant n’est pas prêt psychologiquement de partir

Le meilleur moyen, c’est la prévention :

Prévenir son enfant du timing, combien de temps il reste avant de partir…

Il n’y a rien de plus frustrant quand on nous impose un départ, alors que nous commençons tout juste à nous intégrer ou à jouer.

Fanny Vella du livre « Et si on changeait d’angle »

Si tu sais que vous allez bientôt partir et que ton enfant commence une activité, préviens-le qu’il n’aura sans doute pas le temps de tout faire. Qu’il peut commencer, mais qu’il faudra partir.

La solution : Communication et Compromis

L’astuce peut être de prévoir un bac, (ou un endroit de la maison, de la pièce) pour que ton enfant n’ai pas le sentiment que ce qu’il vient de préparer va être anéanti car il faut ranger avant de partir.

C’est donc lui permettre de laisser sa construction en cours sur la table de la salle à manger. Ou si cela n’est pas possible, de lui prévoir un plateau, un bac type Trofast d’Ikea où il peut mettre ses morceaux en cours de construction pour tout rassembler. Mais sans tout devoir démonter !

Tu vois l’idée en filigrane…. C’est écouter son besoin et trouver un compromis acceptable pour tous les 2 !

C’est la communication de ce qui arrive. En amont. Pas quand c’est le moment de partir.

2. La notion du temps est abstraite pour ton enfant

Pour certains enfants, et surtout les plus jeunes (moins de 5 ans), la notion de temps est complètement abstraite ! « Bientôt », « en retard », « dans 5 minutes » : Cela n’est pas concret pour eux. C’est très obscur…

Le mieux, quand on le peut, c’est de rendre le temps quantifiable à la hauteur d’un enfant :

  • « Tu termines ton livre et on part après. »
  • « Encore 3 tours de toboggan et on s’en va. »
  • « A la fin de la musique, nous devons partir. »

En effet, notre unité de temps se décompose en plusieurs unités : les jours, les heures, les minutes, les secondes, etc… Le temps n’est finalement qu’un concept, dont les mesures sont parfaitement arbitraires ! C’est très conceptuel… Et donc difficilement compréhensible pour un enfant.

Ce qui peut aider ton enfant à comprendre la notion du temps, c’est de pouvoir le visualiser. Par exemple à l’aide d’un timer qui rend visible le temps restant (ou à plus grande échelle la Poutre du Temps)

Il est facile maintenant de trouver des minuteurs type minuteur de cuisine où le temps restant est de couleur. L’enfant peut visuellement voir le temps s’écouler, il a une perception de la quantité de temps restante.

Vigilance sur l’effet stressant pour ton enfant du temps qui passe

J’émettrai juste un point de vigilance car cela peut avoir l’effet inverse chez certains enfants.

Voir le temps s’écouler peut-être anxiogène.

Chocapic était ce type d’enfant quand il était plus petit. Voir le temps s’écouler le mettait en stress et le paralysait. Idem pour la technique de la fin de la chanson. Il stressait qu’elle ne se termine bientôt !

Compter en « temps enfant » peut alors aider : la fin du livre, la fin de la partie du jeu, 3 tours de toboggan, une fois que la petite voiture est arrivée à sa place de parking etc…

3. Donner de la visibilité à ton enfant sur le planning

Une autre raison qui peut faire que ta fille ou ton fils part en courant quand c’est l’heure de partir, c’est l’inconnu de ce qui arrive après. Que l’étape suivante soit un peu floue… Voir pas attrayante du tout !

Par exemple « on rentre à la maison »… Ca n’a rien de foufou quand on est en train de s’amuser au parc !

Par contre, on aura peut-être un peu plus de chance de donner envie de quitter le parc si on dit à notre enfant :

« C’est l’heure de rentrer, tu vas faire le bain. Avec de la mousse ou plutôt des jouets dans le bain ? »

Tu vois l’idée ? C’est de donner de la précision sur ce qui vient après… Et tant qu’à faire, de donner envie.

Il faut devenir de supers commerciaux de la prochaine étape pour que notre enfant achète l’idée et y adhère !

Quelques fois, l’étape suivante n’a rien de très vendeur pour ton enfant. Et là il faut faire preuve d’imagination. Mais tout en restant connecté aux émotions de ton enfant.

Le piège de la « Sur-Vente »

Car par exemple, pour un enfant qui n’est pas motivé de partir le matin pour aller à l’école, lui dire « C’est super, tu vas aller à l’école, jouer avec tes copains »… Ca peut être un flop complet, où ton enfant pensera que tu ne le comprends pas… Si le problème vient justement des copains…. Ou de l’absence de copains !

La connexion aux émotions de ton enfant

Dans un cas comme celui-ci, j’aurai plutôt tendance à te conseiller d’oublier de vouloir rendre la chose attrayante. Mais de connecter tes émotions à celles de ton enfant. Entrer en empathie. Qu’il puisse se sentir compris, à défaut de pouvoir esquiver l’étape d’après…

Par exemple, cela peut donner :

« Je vois que tu n’as pas envie d’aller à l’école ce matin. Il y a une raison pour cela ? Tu souhaites en parler ? Si tu le souhaites, je peux peut-être t’aider à trouver une solution ? Quand tu souhaiteras parler, sache que je suis là. »

Mon fils a connu un passage où il passait ses récréations seul, car ne s’entendait pas avec les autres élèves, et ses copains étaient dans d’autres classes. Avec le non brassage des élèves, il restait en vase clos avec les enfants de sa classe. Les 1ers jours il ne voulait pas me parler. Et puis à force de proposer mon écoute, sans le forcer, il a fini un soir par m’avouer ce qui le pesait : Il n’avait pas de copains à la récré.

Je n’ai pas eu de solutions miracles. Mais ce qui a adoucit les départs le matin, c’était qu’il se sentait compris et écouté. Je compatissais à son ressenti. On discutait de l’après Covid: « Vivement que l’on puisse se revoir comme on veut… » Je l’aidais à imaginer l’après, verbaliser ses souhaits, ses regrets…

Et c’est passé… Enfin, le problème de récré s’est réglé… Pas la crise sanitaire, malheureusement, pour le moment !

4. Faire du départ un jeu pour ton enfant

Ma dernière idée pour faire passer la pilule du départ à ton enfant c’est de le transformer en jeu !

On l’oubli souvent, mais le ludique, le jeu, est une clé très puissante avec les enfants !

Par exemple, cela peut être de transformer le départ en course : entre vous, ou ensemble, contre le Maitre du Temps :

« Tu veux courir ? »

« La première arrivée à la porte a gagné le droit de choisir l’histoire ce soir ! »

« La première qui a mis son manteau a gagné ! »

etc… Tu as saisis l’idée 😉

En résumé pour éviter les crises liées au départ :

Pour faire en sorte que ton enfant soit volontaire de quitter l’endroit où vous êtes et éviter les crises liées au départ :

  1. Prévenir
  2. Rendre visible le temps
  3. Visibilité des prochaines étapes (donner envie ou empathie)
  4. Rendre le départ rigolo !
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