juin 23

Le besoin d’attention de ton enfant : Attention positive ou négative

Temps de lecture : 4 minutes

Le besoin d’attention (positive ou négative) de ton enfant

Comment reconnaitre quand ton enfant a besoin d’attention ?

Pourquoi est-ce que c’est lorsque tu es la moins encline à donner de l’attention à ton enfant qu’il en a, en réalité, le plus besoin ?

Je réponds aujourd’hui à la question d’une maman qui ne sait plus comment réagir avec son ainé (3 ans) qui est parfois violent avec son petit frère. Plus elle lui demande d’arrêter, plus il recommence…

Peut-être que ce cas de figure résonne en toi ?

Car c’est un cas assez classique dans les fratries malheureusement.

Mais les mauvais comportements à répétition se retrouvent également chez les enfants uniques.

Ils ne sont pas liés spécifiquement aux familles de plusieurs enfants !

La raison qui se cache souvent derrière ces comportements inacceptables est la même dans les 2 cas :

Un besoin d’attention chez l’enfant de son parent, de l’adulte présent.

Cela peut te sembler contre-intuitif, car justement, quand ton enfant a un comportement inacceptable, tu n’as justement (et à juste titre) pas du tout envie de lui donner de l’attention !

Sauf que, sans nous en rendre compte, nous lui donnons de l’attention.

Négative (en le grondant par exemple). Mais de l’attention tout de même !

Attirer l’attention  : Bonne ou mauvaise, mais attirer l’attention

Ce dont je souhaite te faire prendre conscience aujourd’hui c’est qu’il y a 2 types d’attention que ton enfant peut recevoir :

  • Positive : de l’intérêt, parler avec lui, jouer avec lui
  • Négative : le disputer, le gronder, le punir…

Petite précision qui a toute son importance :

Cette recherche d’attention négative (à défaut d’obtenir la positive) est une réaction tout à fait inconsciente de ton enfant

Les enfants ne sont pas des êtres perfides, manipulateurs, capricieux, qui nous « cherchent ».

Je t’invite vraiment à te défaire de ces croyances.

Attention négative par défaut : un fonctionnement présent aussi chez l’adulte

Cette recherche d’attention qui passe par de l’attention négative « par défaut » faute d’obtenir l’attention positive recherchée est quelque chose de profondément humain.

Toi aussi, adulte, tu utilises cette technique de façon inconsciente. Car l’Être Humain fonctionne ainsi :

Quand on recherche de l’attention de quelqu’un, nous faisons tout ce qui est possible pour l’obtenir. Quitte à ce que ce soit une attention négative au lieu de celle recherchée.

Pour être plus claire, je te donne quelques exemples :

  • Une personne qui ne se sent plus regardée par son conjoint peut alors adopter une stratégie de provocation pour rendre jaloux-se son/sa conjoint.e..
  • Une personne qui se sent abandonnée, transparente, peut attenter à ces jours pour un appel à l’aide indirect, attirer l’attention sur elle, montrer son mal être.
  • Un parent croulant sous la charge mentale peut décider de « lâcher l’affaire » pour un appel à l’aide de son partenaire qui ne le « voit » pas, ne l’entend pas.
Le lâcher prise par abandon des tâches ménagères : Provocation appelant une réaction du partenaire de vie.

Tous ces exemples ont en commun une chose : La personne a besoin de l’attention d’une autre, mais celle-ci semble ne pas entendre le message. Comme l’attention positive n’est pas donnée, le besoin ne semble pas entendu de façon directe, elle passe alors inconsciemment, par une technique de « provocation » afin d’obtenir l’attention recherchée. Même si ce n’est pas celle souhaitée à la base. Positive ou à défaut, négative, cela reste néanmoins de l’attention.

C’est une forme indirecte d’appel à l’aide.

Ton enfant demande de l’attention

Et bien pour ton enfant c’est exactement la même chose.

Tu rentres du travail, tu es fatiguée de tes 2 journées déjà passées : Celle de la préparation des troupes du matin et ta journée professionnelle. Viens la dernière partie de ta journée : le repas et le coucher. Tu enchaînes, sans pause.

Ton enfant, qui ne t’a pas vu de la journée court te voir et veut te montrer son dernier coloriage de la garderie. Un de plus qui, tu le sais, va trainer dans l’entrée aussitôt regardé.

Mais tu n’as pas le temps, car déjà ton petit dernier cri famine, alors tu pars vite en cuisine pour préparer le diner. Ton ainé, n’en démord pas :

« Regarde maman, regarde comme j’ai bien colorié sans dépasser ».

« Tu viens voir maman ? »

Ça te parle ce genre de scène ?

Tu lui réponds, un vague et distrait : 

« Oui, chéri, je vais regarder attends ».

Et tu continues d’éplucher les légumes de ce soir pendant que ton petit dernier pleure dans son transat ou dans l’écharpe de portage.

Ou peut-être prends-tu 2s pour regarder le dessin et réponds un vague 

« oui, c’est bien ma chérie, c’est très joli » avant de retourner à ta cuisine.

Sauf qu’ici, pour ton enfant, il n’est pas réellement question de son dessin.

Il est question d’être avec toi.

Avoir un peu de ton temps.

Il a besoin de ton attention.

Sauf que dans notre quotidien de maman, nous ne le trouvons pas toujours ce temps…

(Et là, loin de moi l’idée de te culpabiliser ! Je suis dans le même bateau que toi… Je souhaite juste t’ouvrir les yeux sur le fait que le comportement de ton enfant peut être un signal d’un besoin d’attention… comme je te le répète souvent : on ne peut changer que ce dont on a conscience… Alors voilà le premier pas : la prise de conscience)

Faute de bonne attention, il va attirer ton attention tout de même !

Et ton enfant n’a donc pas l’attention qu’il attend…

Alors par un sentiment de frustration, déception, colère, jalousie… tout ça un peu mélangé, ton enfant va repartir s’occuper seul…

Il va commencer par sauter sur le canapé,

S’approcher de son petit frère ou petite sœur et l’embêter… un peu, puis de plus en plus, pour le faire pleurer.

Et enchainer les comportements non acceptables jusqu’à ce que tu n’en puisses plus et réagisses : exploser en venant le retrouver pour le gronder, lui répéter les consignes, peut-être même le punir…

Faute d’avoir réussi à capter ton attention de base, ton enfant, par un moyen indirect réussi à obtenir de l’attention. Même si elle est négative pour toi comme pour lui…

C’est très naturel, comme je te l’ai expliqué juste avant.

C’est un mécanisme tout à fait inconscient.

Comment réagir  en tant que parent ?

En conclusion, quand tu constates que ton enfant a un comportement inacceptable, je t’invite à changer de regard et rechercher le besoin non mentionné, non exprimé.

C’est sans doute la partie la plus difficile, car demande de faire abstraction de certaines croyances que tu peux avoir, demande de l’énergie et disponibilité mentale… Là, j’aurai tendance à te conseiller de remplir ton propre réservoir, afin de pouvoir donner à ton tour… (remplir son réservoir en tant que maman fera sans doute l’objet d’un futur article !)

Entends l’appel à l’aide de ton enfant

Quand ton enfant a un comportement qui t’est inacceptable, essaie de décrypter le besoin caché derrière.

C’est ce dont j’ai parlé aussi dans l’épisode 8 du podcast S’élever en même temps que son enfant concernant les alternatives aux punitions. C’est en réalité un besoin qui est communiqué de manière maladroite, indirecte.

Propose à ton enfant le dialogue pour comprendre de quoi il a besoin.

Et sortir de ce cercle vicieux.

Si tu souhaites quelques pistes pour aller plus loin sur l’expression des émotions, la communication des besoins, je te recommande mon guide gratuit « la Boussole des émotions » qui te donnera des outils concrets et simples pour aller plus loin.

Je te recommande également l’épisode 1 du Podcast pour savoir utiliser les émotions pour comprendre le comportement de ton enfant.

Fratrie : Prendre soin du réservoir de chacun

Quel moment as-tu passé en tête à tête avec ton enfant aujourd’hui ?

Comme je te l’ai partagé dans l’épisode 5 du Podcast, passer du temps de qualité avec ton enfant est préférable à la quantité (car malheureusement les journées ne font que 24h pour tout le monde !)

Mais essaie de ritualiser 5/10 minutes dans la journée, en tête à tête avec ton enfant, afin de prendre soin de son réservoir affectif. Cela ne suffira peut-être pas à le « remplir », mais au moins en prendre soin. Cela peut être au moment du coucher, en préparant le repas ensemble, dans la voiture ensemble, dans la salle de bain etc. Ou une rapide partie de memory ou autre petit jeu… Trouve avec ton enfant ce qui te convient à toi et à lui.

Car avec l’arrivée d’un petit frère ou une petite sœur, trouver sa place dans la nouvelle fratrie peut être déstabilisant !

Cela devient donc important de pouvoir ritualiser un moment en tête à tête. Pas juste une présence physique. Mais un moment partagé.

C’est un peu comme mettre en place un système d’arrosage automatique d’attention positive pour ton enfant !

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