mars 13

Comment utiliser les émotions pour comprendre le comportement de ton enfant

Temps de lecture : 5 minutes

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Je souhaite te parler des émotions comme grille de lecture pour comprendre le comportement de ton enfant…

Toi qui t’intéresses à la parentalité bienveillante, tu entends parler d’accueillir et accompagner les émotions de ton enfant.

Je t’explique aujourd’hui pourquoi cela te sera utile.

Passer de l’injonction du « tu dois » à savoir pourquoi cela changera ta vie.

Pourquoi cela t’aidera à construire une relation de coopération avec ton enfant.

Pourquoi, en prenant en compte ses émotions, il te sera plus facile de traverser les tempêtes émotionnelles, sans avoir l’impression d’avancer les yeux bandés dans un champ de mines !

Comprendre la réaction en chaîne : Besoin / Emotion / Comportement

Le comportement de ton enfant est la résultante d’une émotion qu’il a ressentie. Suite à un évènement, une situation.

Voit le comme une réaction en chaine, une suite de domino qui tombent les uns après les autres.

Toi, en tant que parent tu vois le résultat, la conséquence : le dernier domino tombé. Ce dernier domino c’est le comportement de ton enfant. La tempête émotionnelle qui vous a affecté tous les 2.

Cela peut être une crise de décharge le soir en rentrant de la crèche, de chez nounou, de l’école. Cela peut être la colère de frustration quand tu lui demandes d’arrêter le jeu qu’il est en train de faire pour passer à table ou aller s’habiller.

Il y a 1000 situations où le comportement de ton enfant peut partir en cacahuète.

Lorsque l’on s’arrête à ce seul comportement que l’on veut voir changer alors on ne cherche pas à comprendre ce qui a amené la situation jusqu’à ce point.

Il y a fort à parier que la situation se répétera encore et encore.

Car entre parent et enfant on ne se comprend pas. Nous constatons le résultat : son comportement. Lui, il voit ce qui l’a conduit ainsi : ce qu’il a ressenti : de l’injustice, de l’agacement pour ce qui s’est passé au cours de sa journée… On ne regarde pas la situation de la même façon !

Ton enfant ne fait pas de « crise » pour le plaisir, ou pour t’embêter.

C’est autant coûtant pour lui que cela ne l’est pour toi ! Simplement les conditions s’accumulent jusqu’à fournir tous les éléments nécessaires pour que ça éclate.

Ce que je te propose ici, c’est de remonter la piste du comportement pour comprendre ce qui le déclenche. Où est le détonateur.

Ainsi, en comprenant ce qui déclenche un comportement tu obtiens une grille de lecture pour comprendre le comportement de ton enfant, tu as un moyen d’agir dessus (et éviter au passage quelques potentielles crises facilement évitable).

Rien n’est magique. Je ne te garantis pas que vous ne vivrez plus aucune crise.

Mais tu seras capable d’éviter les inutiles. Et sortir plus facilement de celles qui sont là pour le faire grandir. Pour te faire grandir !

La clé est donc de regarder la chaine complète : A partir d’une situation donnée, nous ressentons des émotions qui vont directement impacter notre façon de réagir : notre comportement.

Prenons un exemple concret qui peut être source de tension : La fin d’une activité pour passer à table ou aller se coucher.

Du côté du parent :

Nous, en tant que parent, on constate qu’il est compliqué de le faire passer à table ou d’aller se coucher. Alors que l’on sait que s’il ne mange pas tout de suite il risque d’être en hypoglycémie et alors là, c’est la crise assurée. Sans parler du fait que s’il se décale, cela décalera son heure de coucher et il risque d’accumuler de la fatigue… Ce qui n’augure rien de bon pour la journée de demain s’il se réveille avec un déficit de sommeil. On fait donc cela pour son bien.

Du côté de l’enfant :

Quand cela se passe mal, notre enfant se met en colère car n’accepte pas la fin du jeu car veut continuer. Sa colère reflète ici sa frustration (il prend du plaisir à jouer et n’a aucune envie d’aller manger ou se coucher). Elle reflète aussi un sentiment d’injustice (je m’amuse bien et maman vient m’empêcher de m’amuser).

Stopper notre enfant dans son activité génère donc colère et frustration car il n’a pas fini de jouer. Maman et Papa décident arbitrairement que c’est la fin du jeu et qu’il est l’heure de passer à l’étape d’après.

L’importance d’identifier le Besoin insatisfait

Si on s’arrête à la simple lecture du résultat, on peut penser que les couchers ou les repas sont compliqués avec notre enfant.

Alors que si l’on remonte la chaine de conséquences, on se rend compte que ce qui pose réellement problème c’est en fait la frustration de couper une activité non terminée. C’est l’absence de communication pour trouver un compromis entre le besoin du parent : manger ou se coucher à une heure acceptable et le besoin de son enfant : la satisfaction d’un jeu terminé.

Tu le vois à travers cet exemple : Regarder au-delà du comportement de ton enfant te permet de comprendre le réel enjeu, de pouvoir agir dessus. Et donc d’éviter les schémas répétitifs entrainant des tensions et des crises.

L’enjeu c’est donc de trouver ensemble le compromis entre ton besoin en tant que parent et celui de ton enfant ! Et cela quel que soit l’âge de ton enfant. Le compromis, la communication, peut se faire très tôt avec un enfant. Tu peux passer par la langue des signes par exemple. Proposer un choix limité à 2 propositions avec un enfant de 2 ans. L’important, c’est de proposer la possibilité d’une communication avec ton enfant.

Réfléchir de cette façon est constructive.

Derrière le comportement se cache toujours une émotion. Et cette émotion est révélatrice d’un besoin qui est contrarié, ou insatisfait.

Tant que ce besoin est insatisfait, l’émotion surgira, entrainant la réaction en cascade jusqu’au comportement connu et que tu souhaites éviter.

Recherche du Compromis

Je fais une rapide aparté pour préciser que lorsque je parle de besoin non satisfait, je ne t’encourage pas à céder à la moindre des envies de ton enfant. C’est souvent une crainte que l’on a lorsque l’on fait ses premiers pas vers une parentalité bienveillante. Nous avons peur d’être laxiste et de tout céder.

Je te parle bien de COMPROMIS entre tes besoins et ceux de ton enfant.

Entendre son besoin ne signifie pas le satisfaire.

C’est d’en prendre connaissance et de s’en servir comme point de départ pour trouver un compromis acceptable pour toi et pour ton enfant.

Trouver un compromis est le meilleur moyen d’obtenir la pleine coopération de ton enfant… Et il faut bien l’avouer, c’est ce que nous recherchons ! Sa coopération !

Donc la meilleure façon de trouver le besoin caché c’est de passer par le décryptage des émotions !

Apprendre à décrypter le Besoin grâce à la reconnaissance de l’Emotion

Les émotions sont issues de la partie la plus ancienne de notre cerveau. Ce sont elles qui ont assuré notre survie :

  • La colère : l’élan d’attaquer pour défendre nos proches ou ce qui nous appartient
  • La peur : l’élan pour nous faire prendre la fuite devant un danger
  • La tristesse : le repli sur soi, la préservation de nos forces et prendre soin de soi
  • La joie : l’élan d’amour et de bonheur qui conduit à la reproduction de l’espèce.

Nos émotions sont donc là pour traduire des besoins d’amour, de sécurité, d’estime, de réalisation…

Si un de nos besoins fondamentaux est mis à mal, non respecté, ou menacé, nos émotions nous poussent à réagir et notre comportement le traduit.

Par exemple si une personne semble te manquer de respect, tu ressentiras peut-être de la colère et ta réaction de l’agressivité.

Donc lorsque tu constates le comportement de ton enfant, recherche la ou les émotions qu’il a pu ressentir. Mets-toi dans ses baskets. Qu’a-t-il ressenti ? Quel est le message de l’émotion qui l’a traversé ? De quoi veut-elle l’alerter, le protéger ?

Par exemple

  • La colère arrive souvent pour nous protéger d’une valeur fondamentale à nos yeux. Elle est la gardienne féroce de ce qui nous appartient ou qui a une très grande valeur pour nous : ne pas toucher à mes affaires, à ma maman (le fameux « à moi ») elle sert à délimiter notre territoire. Elle nous protège, défend notre besoin de liberté, d’autonomie… pour n’en citer que quelques-unes.
  • La tristesse se manifeste lorsque nous perdons quelque chose qui a une grande valeur pour nous. La perte est actée. Nous ne pouvons plus nous y opposer. Il y a une forme de passivité dans la tristesse car les choses ne sont plus en notre pouvoir. La tristesse nous informe que cette chose de finie, perdue avait une grande valeur, une grande importance pour nous.
  • La peur est la traductrice de notre insécurité. Et donc par opposition de ce que nous avons besoin pour nous sentir en sécurité. Les bras de maman, mon doudou etc…

En regardant le message de l’émotion on peut alors comprendre ce dont notre enfant a besoin. Et à partir de là nous sommes en capacité de communiquer (que ce soit en parlant avec les plus grands ou grâce à la langue des signes avec les tous petits !) : Nous avons conscience du besoin de notre enfant. Nous prenons conscience de notre propre besoin… et donc proposer une solution, un compromis qui est acceptable pour tout le monde !

Prise de conscience qui te fait grandir

Je te parle ici de ton enfant… mais les émotions étant universelles, cela te sera tout autant utile pour toi-même et pour toutes relations, quel que soit leurs natures : personnelles ou professionnelles 😊

En résumé de cet épisode, tu comprends donc ce que signifie « Accueillir et accompagner les émotions de ton enfant ».  C’est comprendre la réaction en chaine.

Voir au-delà du comportement.

Quelle émotion a-t-il ressenti ?

Quel est le besoin caché derrière ?

Quel compromis pouvons-nous trouver ensemble.

Tu comprends en quoi, rechercher l’émotion, le besoin derrière le comportement participe à construire une relation de coopération avec ton enfant. Il n’est pas passif dans la relation, il est acteur car tu l’impliques dans la recherche d’une solution qui conviendra à tout le monde.

Tu comprends donc mieux ton enfant et ne répète pas certaines situations qui conduisaient à des tensions entre vous !

Voilà pour ce 1er épisode du podcast. Tu l’auras compris, les émotions pour moi sont le pilier central de ma parentalité.

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