octobre 29

École : Comment accompagner mon enfant qui est tapé ?

Temps de lecture : 5 minutes

École : Comment accompagner mon enfant qui est tapé ?

C’est un des grands dilemmes parentaux : Apprendre à son enfant que la violence n’est pas acceptable, tout en refusant que notre enfant ne devienne une victime, si un camarade l’embête…

C’est un dilemme que j’ai connu personnellement, moi qui parle de prône la parentalité bienveillante, le respect des uns et des autres, en bannissant la violence sous toute forme qu’elle soit (physique, verbal, etc.)

Et puis un jour, Chocapic, alors en classe de maternelle revient à la maison et me confie ne plus savoir comment faire : Il avait parfaitement intégré que taper, frapper, mordre, pousser un camarade n’est pas acceptable, mais que du coup il avait le sentiment de se retrouver sans moyens de défense face à un autre enfant qui le provoquait, le tapait, etc.

Quand il osait répondre par la violence en retour, il se faisait reprendre, « gronder » selon ses termes, par sa maitresse…

J’ai donc compris que simplement dire à nos enfants « on ne tape pas » ce n’était pas suffisant, car ils peuvent alors avoir ce sentiment d’être démunis pour se protéger…

Et là, il est alors possible de tomber facilement dans la spirale du harcèlement, comme je t’en ai parlé dans l’épisode 6 du podcast….

L’article d’aujourd’hui a donc vocation a complété ce précédent épisode, en te partageant quelques pistes de réflexion pour accompagner ton enfant dans ce dilemme de savoir se protéger quand il est tapé…

Je te propose d’accompagner ton enfant, s’il est tapé à l’école, en 3 étapes.

Étape N°1 si ton enfant est tapé à l’école : Le respect de sa bulle

La première étape est la base de tout : Faire respecter sa bulle et respecter en retour la bulle des autres.

C’est un concept très simple, que tu peux expliquer à ton enfant même s’il est encore très jeune. La bulle représente l’espace vital de chacun.

Tu as sans doute remarqué, que lorsque ton enfant te colle, se trouve dans ton espace vital, tu as alors une forte envie d’espace, d’air, pour te sentir plus libre.

Au-delà d’une certaine distance, tu te sens oppressée quand l’autre est trop proche de toi, te colle. Même si son comportement n’a rien d’agressif, il est envahissant et cela te conduit à être peut-être agressive, à repousser.

C’est cela l’espace de la bulle : C’est respecter une certaine distance pour ne pas entrer dans l’espace vital de l’autre.

Quand on entre dans l’espace vital de l’autre, il se sent agressé. Raison pour laquelle on constate quelques fois les enfants se pousser entre eux : C’est que l’autre enfant était trop envahissant et comme le cerveau maitrise mieux le corps que la communication verbale (même chez un adulte !) et bien on a souvent le réflexe de reprendre son espace en éjectant l’autre !

Tu peux donc expliquer à ton enfant qu’il est important de respecter la bulle des autres (par exemple quand maman est aux toilettes… C’est bien de respecter sa bulle !!).

Mais que le respect de la bulle fonctionne dans les 2 sens : S’il doit respecter la bulle des autres, les autres doivent également respecter la sienne !

Tu te souviens, dans l’épisode 31 je t’ai parlé de cette notion de respect qui fonctionne dans les 2 sens…

C’est la même chose ici.

Et donc la première étape pour que ton enfant cesse de se faire tapé à l’école, c’est de l’encourager à verbaliser le respect de sa bulle, le respect de sa personne.

Par exemple avec une phrase comme « stop, je refuse d’être tapé, poussé, mordu, etc. »

C’est comme pour les émotions : la première étape est de verbaliser son émotion et son besoin.

Ici, le besoin étant le respect de sa bulle, de sa personne. Et l’émotion c’est la colère ou la surprise, exprimée par un « Stop ».

C’est ce que je t’apprends à travers mes formations et notamment celle concernant les émotions : S’élever en même temps que ses émotions.

formation pour apprendre à mieux vivre et accompagner les émotions

De l’exprimer ainsi, cela permet déjà de montrer l’opposition de ton enfant face à la situation. Il n’est pas victime, car il affirme haut et fort qu’il n’est pas d’accord. C’est une première prise de pouvoir, d’affirmation de soi.

Une façon de ne pas se laisser faire.

Malheureusement, cela ne suffit pas toujours alors tu peux expliquer la seconde étape à ton enfant

Etape N°2 si ton enfant est tapé à l’école : Demande de l’aide à un adulte de confiance

Demander de l’aide n’est pas un aveu de faiblesse ! Au contraire !

Tu peux donc conseiller à ton enfant de signaler la situation à un adulte de confiance si le simple fait de s’opposer et refuser le comportement de l’autre ne suffit pas.

Qu’il s’agisse de toi ou de ton ou ta conjointe si la situation est dans un cadre personnel, cela peut être l’instituteur, l’institutrice, l’ATSEM, le surveillant ou surveillante si c’est dans le cadre de l’école.

C’est souvent le premier conseil que nous donnons à nos enfants : Faire appel à un adulte de confiance si ton enfant est tapé ou embêté.

Or, si tu y regardes de plus près, conseiller en première intention à ton enfant de faire appel à une aide extérieure lui retire du « pouvoir » sur la situation.

Inconsciemment, c’est lui apprendre qu’il ne peut pas agir directement.

Et si tu te souviens ce dont je t’ai parlé dans l’épisode 6 concernant le harcèlement, cela le positionne automatiquement dans la position de victime dans le triangle de Karpman…

triangle relationnel avec à chaque sommet un protagoniste : le sauveur, l'agresseur et la victime

C’est pourquoi mon premier conseil est d’expliquer le principe du respect de la bulle à ton enfant, l’encourager à l’exprimer et affirmer son besoin : le refus d’être tapé, poussé, insulté, etc.

Mais lorsque cela ne suffit pas, ton enfant peut et doit demander de l’aide, car les adultes sont là pour assurer sa sécurité tant physique que psychologique.

Cela ne le positionne plus alors en « victime », car il a pris son pouvoir : Celui d’exprimer et affirmer son opposition. Et je te propose de permettre à ton enfant de continuer de le faire avec la 3ème étape.

Etape N°3 si ton enfant est tapé à l’école : Autorisation de se défendre

Cette 3ème étape consiste à expliquer à ton enfant la différence entre l’attaque et la défense.

Car malheureusement, faire appel à un adulte de confiance pour signaler que l’on est embêté par un autre ne suffit pas toujours.

Certains enfants apprenant rapidement comment faire pour ne pas se faire prendre la main dans le sac ou bien jouer la carte du « c’est pas moi qui ai commencé »…

C’est alors impossible pour l’adulte (qu’il s’agisse du parent ou de l’instituteur) de démêler le vrai du faux…

Le risque alors est grand d’être injuste envers les enfants (je t’en ai parlé dans l‘épisode 7 concernant mes astuces pour éviter les conflits dans la fratrie)…

Tu le vois cet article est vraiment à la croisée de précédents !!

Il m’est donc important, à ce stade, de permettre à mes enfants de ne pas être une victime, mais de leur permettre de se défendre en cas d’agression, si les 2ères étapes n’ont pas suffi à sortir de l’engrenage.

Et ce point est essentiel !

Expliquer à ton enfant qu’avant d’en arriver à cette étape, il faut qu’il se soit exprimé (étape N°1 avec la demande du respect de sa bulle et de sa personne), qu’il est averti un adulte de confiance (étape N°2).

Alors, si cela ne suffit pas, c’est le moment de permettre à ton enfant de se défendre !

Cela lui redonne encore plus de pouvoir sur la situation, et donc ne sortir d’un potentiel rôle de victime.

Au début de cet article, je t’ai parlé du désarroi de mon fils de se sentir tiraillé entre sa compréhension de la règle de non-violence, et celle de pouvoir se défendre en cas d’attaque, d’être insulté, tapé…

Comme je l’ai fait avec Chocapic à l’époque, je te conseille donc d’expliquer la différence fondamentale, à mon sens, entre l’attaque et le fait de se défendre.

Apprendre à ton enfant à se défendre à l'école s'il est tapé : lui expliquer la différence entre attaquer et se défendre

L’attaque est le fait d’agresser l’autre, en premier.

La défense peut utiliser la violence, mais dans le but de répondre et se protéger d’une attaque.

Je refuse donc que mes enfants attaquent des camarades.

La défense par la violence : Oui, mais pas n’importe quelle violence

Mais je leur ai expliqué qu’ils auraient mon soutien face à leurs maitresses, le directeur de l’école, s’ils étaient grondés alors qu’ils se défendaient, après avoir respecté les 2 premières étapes : affirmer son opposition et demander de l’aide.

Alors cela va peut être te choquer, mais oui, j’autorise mes enfants à faire usage de violence afin de se défendre.

Mais pas n’importe quelle violence !

C’est là ma dernière règle : Utiliser la même violence que contre laquelle il cherche à se défendre !

Pour être plus claire : Si mon enfant est insulté, il n’est pas question que je l’encourage à se défendre d’insultes verbales en ripostant à coups de poing ou de pied !

Par contre, si mon enfant est tapé, bousculé, frappé, je lui donne l’autorisation de répondre par les mêmes moyens afin de se défendre, lorsque les 2 premières étapes n’ont pas suffi à faire cesser les attaques.

C’est un peu comme les Arts Martiaux : On utilise la force de l’adversaire contre lui-même. C’est un principe que j’ai découvert dans le livre l’Aïkido verbal de Luke Archer.

Apprendre à ton enfant à se défendre s'il est tapé à l'école : autoriser à utiliser la même violence pour répondre et se défendre

Conclusion si ton enfant est tapé à l’école : Comment l’accompagner ?

J’ai tout à fait conscience que mon approche n’est pas idéale, car elle peut faire appel à la violence quand cela est nécessaire à la protection de l’enfant.

Mais c’est le moyen que j’ai trouvé à ce jour de permettre à mes enfants de ne pas se sentir enfermer dans un potentiel rôle de victime, car je leur permets de reprendre du pouvoir et d’agir par eux-mêmes.

Ils se sentent rassurer du fait que je leur assure mon soutien face à une autorité extérieure (le directeur de l’école en l’occurrence) s’ils respectent bien les règles d’exprimer leur opposition, de demander de l’aide et de se défendre avec les mêmes moyens que ceux utilisés pour les attaquer.

La règle est donc plus simple à retenir : Je refuse que mes enfants attaquent d’autres enfants, mais je leur laisse le pouvoir de se défendre en cas de besoin.

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