mars 13

3 idées reçues sur la Parentalité Bienveillante

Temps de lecture : 7 minutes

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Dans cet épisode, nous allons parler de ce que l’on entend par parentalité bienveillante. Education positive, accompagnement respectueux de l’enfant. Parentalité consciente.

Autant de mots, d’expressions qui signifient tous à peu près la même chose : Repenser l’éducation que nous avons reçu avec les connaissances dont nous disposons au 21ème siècle. Faire un upgrade de la façon dont nous avons été élevées. Gardant le positif, améliorant certains points.

Mais le hic, c’est que cela a tendance à nourrir la perfectionniste en nous. C’est là, où on commence à vouloir cocher toutes les cases…

Et sans même s’en rendre compte on se file une pression de dingue de tout faire, de tout faire BIEN. On culpabilise quand, naturellement, on n’y arrive pas. C’est le combo gagnant du burn out maternel !

Alors dans cet épisode, je veux te partager tout ce que la Parentalité bienveillante n’est pas (à mon sens) ! Et t’aider à apprendre à être une maman parfaitement imparfaite !

Idée reçue N°1 : La Parentalité Bienveillante c’est dire OUI à tout

Dans certains livres, tu peux avoir lu qu’il n’était pas bon de dire « NON » à son enfant. Tu as pu lire mon guide sur les émotions où je te parle des besoins de ton enfant et que tant que ce besoin n’aura pas été entendu, satisfait, alors l’émotion, et donc le comportement associé reviendra.

Une lecture en diagonale de ces informations peut t’amener à la conclusion qu’il faut dire OUI à ton enfant et satisfaire ses besoins… Pas du tout. Dire oui à tout et satisfaire tous ses besoins s’apparentent plus à une éducation dite laxiste.

Le « NON »

La Parentalité bienveillante c’est plutôt questionner le pourquoi on dit NON ?

Est-ce vraiment justifié ? Ou est-ce une réponse automatique ?

  • Jouer au ballon près de la route ? Le NON est justifié, c’est une question de sécurité et on peut expliquer le pourquoi. On dit NON à cause de la route, pas au ballon. On peut trouver un endroit où tu seras en sécurité et alors on pourra jouer ballon.
  • Manger son yaourt avant le plat principal ? Ma réponse de base était non. Jusqu’à ce que je questionne ce qui motivait ma réponse. « On a toujours fait comme ça ». « On mange toujours le dessert en dernier ». « Sinon il n’aura plus faim et ne mangera que le sucré et pas ses légumes »… cela a généré beaucoup de tension au moment des repas…. Sachant que j’étais une enfant (et encore aujourd’hui une adulte) « difficile », je ne voulais pas que mes enfants se traumatisent des repas comme moi… Jusqu’à ce que je questionne mon généraliste de l’époque… qui était une perle de bienveillance…. Et m’ouvre les yeux sur le fait qu’il est logique d’un point de vue biologique de commencer par le sucré… Car le sucre ouvre l’appétit ! C’est donc même une hérésie de terminer son repas par le sucré ayant conscience de cela…. Bref, depuis cette discussion, mes enfants ont toujours eu le dessert à disposition au début du repas s’il le désirait. Cela n’a pas empêché mon grand de manger de tout et très équilibré… et ma fille d’avoir un appétit de moineau sélectif. Même approche, résultat différent.

Et ce n’est pas à cause d’un yaourt au début du repas ! Juste de leur rapport à la nourriture.

Donc l’éducation positive ce n’est pas dire oui à tout. C’est réfléchir à pourquoi on dit non ? C’est prendre conscience de ce qui motive notre refus. D’où le nom de parentalité consciente que j’affectionne particulièrement…

Les Besoins

Concernant les besoins, il n’est pas non plus question de satisfaire tous ses besoins. Il est question d’entendre son besoin, de le comprendre. Et de s’en servir comme point de départ de discussion pour trouver un compromis qui satisfera tout le monde : toi et ton enfant. L’idée est vraiment la coopération donc de faire en sorte que tout le monde soit gagnant dans le deal !

Paire de lunettes :

Par exemple lorsque ton enfant ne veut pas prendre son pull pour sortir. Toi tu sais que nous sommes qu’en Mars, qu’il fait encore froid et tu redoutes qu’il prenne froid et ne sois malade. Peut-être es-tu même de la team frileuse (J’en suis ! 🙋‍♀️) et que tu as justement froid. Tu penses que si toi tu as froid, probablement que lui ou elle aussi mais qu’il ne s’en rend pas compte ou qu’il ne l’exprime pas…

Lui il se sent bien, à la bonne température. Peut-être même qu’il a déjà chaud alors rajouter une couche supplémentaire, impossible ! Nous ne sommes pas tous égaux face à la température ! Certains apprécient le chaud, d’autres préfèrent le froid…

Tu le vois, il se peut que vous ne ressentiez pas la même chose face au ressenti de la température. Imposer un pull à ton enfant peut lui paraitre inutile… et injuste !

Tu peux alors lui expliquer ta crainte (qu’une fois sortie il ou elle ressente le froid et regrette de ne pas avoir de pull). Et lui proposer un compromis : Ton enfant n’a pas froid, mais toi tu redoutes que sa perception ne change une fois sortie : Pourquoi ne pas mettre le pull dans un sac, pour l’avoir à disposition, sans l’obliger à le mettre immédiatement. Tu te sentirai rassurée de savoir qu’au cas où, il a un plan B pour se couvrir si besoin ?

En procédant ainsi, tu entends son besoin : il n’a pas froid, il se sent bien. Il entend TON besoin : être rassurée qu’il puisse se couvrir si jamais il finissait par avoir froid. Et ainsi il sera libre d’adapter sa tenue vestimentaire si la situation change. Et s’il n’a finalement pas froid, le pull aura simplement fait un petit tour dans le sac 😊

Entendre le besoin de ton enfant, la parentalité bienveillante ne signifie pas dire oui à tout. Cela signifie trouver le compromis qui met tout le monde d’accord !

Idée reçue N°2 : La Parentalité Bienveillante ce n’est jamais crier, taper, ni faire d’erreur.

La parentalité bienveillante ce n’est pas réussir à garder son calme dans toutes les situations. Ne jamais crier, ni taper son enfant. Ne faire aucune erreur.

Attention, je ne dis pas que je t’encourage à continuer de crier ou de lever la main sur ton enfant. On est bien d’accord.

Je dis seulement qu’il faut arrêter de s’autoflageller sur la place publique lorsque l’on dérape !

Tu vis des émotions, tu es humaine. Et par moment la coupe est pleine. La colère est une émotion qui fait partie de la palette dons nous disposons. Je t’en ai d’ailleurs parlé dans l’épisode 1 du podcast (l’épisode N°1… c’est te dire à quel point je considère les émotions comme centrale dans la parentalité…. Et le développement personnel !)

Ne pas exprimer ce que tu ressens, reviens à mettre un couvercle sur une casserole en ébullition… tu ne vois plus les gros bouillons et pour autant le risque de débordement, d’explosion n’est pas pour autant éliminé… C’est aussi efficace qu’un sparadrap sur une fracture ouverte !

Bref… Être sur le chemin d’une parentalité positive cela signifie aussi vivre des émotions… et parfois ne pas parvenir à les accompagner d’une façon adéquate. Ne pas réagir de la « bonne » façon.

C’est OK dès lors que tu t’en sers pour apprendre sur toi, progresser.

Moi, maman de 3 enfants et coach en parentalité j’apprends encore ! il m’arrive encore de crier quand je ne suis pas en mesure de prendre sur moi… je dérape et crie…. Mais toujours je m’excuse auprès de mes enfants. Je leur explique ce qui a provoqué ce débordement.

Pas plus tard que ce matin, où malade, pressée et stressée par l’heure pour partir à l’école j’ai crié sur mes aînés ne comprenant pas où étaient passés leurs masques propres pour la journée… Une fois calmée, je me suis excusée, leur expliquant que ma colère était en fait tournée vers moi et mon cerveau au ralenti qui ne comprenait pas leurs explications sur la disparition des masques propres et la multiplication des sales. Que j’avais peur que nous soyons en retard et de se retrouver devant le portail clos.

De cette expérience nous retenons tous les 3 mon besoin d’être à l’heure, l’indulgence quand maman est 2 de tension et ne capte rien, la nécessité de prendre soin de ses affaires pour avoir les masques pour la journée sans pour autant compter sur maman…. Et que lorsque l’on dérape et ne contrôle plus ses réactions, on s’excuse !

Idée reçue N°3 : La Parentalité Bienveillante, c’est être une mère parfaite

Si tu as toujours en tête qu’il est meilleur pour ton enfant d’avoir une mère parfaite laisse-moi te présenter mon dernier argument. Car selon moi, c’est au contraire un poison doré pour ton enfant…

Mon expérience personnelle

J’ai grandi avec l’image d’une maman sur tous les fronts. Mon père était présent, mais années 80 oblige, il travaillait énormément. C’était une autre époque et là n’est pas le débat. Seulement je voyais ma maman travailler à temps plein, entretenir la maison, s’occuper de moi, cuisiner… beaucoup cuisiner. Elle a toujours été un cordon bleu. Et puis s’occuper aussi du jardin, de l’extérieur. Avec mon regard d’enfant je ne percevais pas les signaux de fatigue, d’épuisement. Je la voyais être sur tous les fronts.

Quand je suis devenue adulte et que je suis entrée dans la vie active, j’ai commencé à vouloir reproduire ce schéma. Sans enfant j’avais déjà du mal à suivre son exemple. Je ressentais déjà beaucoup de fatigue, de pression… de culpabilité de ne pas y arriver…. Il a fallu quelques années pour que je puisse enfin mettre un nom dessus : la charge mentale.

Je pense que cela a en partie joué sur le fait que j’ai reculé l’âge de devenir maman. Je n’arrivais pas à la cheville de ma maman, alors que je n’avais que moi à penser…. Alors avec un enfant en plus… Je ne me sentais pas de taille !

Et puis Chocapic est arrivé. J’ai voulu continuer sur la même lancée, naturellement. Tout faire. J’étais épuisée, mais je maintenais les apparences. Ma mère avait réussi, pourquoi est-ce que je n’y arrivais pas ? La comparaison avec le modèle que j’ai eu a alimenté ma perte de confiance en moi. En me comparant au modèle des souvenirs de la maman que j’ai eu, je me dévalorisais.

Et pourtant j’avais tout un faisceau d’éléments devant moi qui me montrais clairement que pour ma maman aussi, cela avait été compliqué. Qu’elle avait été une mère parfaite à mes yeux d’enfant au prix de sa santé, de son bien-être.

Mais on ne voit que se que l’on veut bien voir. Ce que l’on accepte de se rendre compte.

Je n’ai pas vu le puzzle dans son ensemble.

C’est en travaillant sur moi, en remontant la pente de mon propre burn out que je me suis rendue compte que ce que je voyais avec le prisme de mes yeux d’enfants étaient complètement biaisé. Ma mère n’était pas une mère parfaite. Être sur tous les fronts lui a valu sa propre dépression bien des années après. Et en creusant je me suis aperçue qu’il en avait été de même pour ma grand-mère maternelle.

Un triste décompte avec une accélération du processus de génération en génération : Ma grand-mère a explosé vers 60 ans. Ma maman vers 50 ans. Et moi à 34 ans !

Il m’était inconcevable de continuer à perpétrer ce modèle pour que mes enfants en paient le prix une fois adulte ! Impossible maintenant que j’en avais pris conscience….

La perfection est nocive pour ton enfant

Là où je veux en venir c’est qu’en montrant le meilleur de toi-même, sans tes doutes, tes faiblesses, tu n’aides pas ton enfant. Bien au contraire. Il grandit avec un modèle qui lui sera difficile, impossible à atteindre. Avec des yeux d’enfants, il est facile de mettre sur un piédestal, d’idéaliser. Alors si en plus on cache les difficultés, on gomme les ratés, les erreurs…. On fausse complètement le message !

Pire, on véhicule une image qui sera nocive à la construction de notre enfant. Il grandira avec un modèle irréaliste !

Congruence entre tes dires et tes actes

Je suis convaincue que les plus grandes leçons ne sont pas celles que nous avons entendues… Mais celles que nous avons vécues ou vues !

Sais-tu que la communication englobe le langage verbal ET le langage non verbal ?

Certains parlent de plus de 80% pour le langage non verbal dans la communication. Mais même si la proportion du langage non-verbal dans la communication peut être remis en cause par certains, il parait logique que si notre discours n’est pas en accord avec nos actes, avec nos gestes, notre manque de congruence sera contreproductif par rapport au message, aux valeurs que l’on souhaite faire passer à notre enfant !

Ainsi, si tu répètes à ton enfant qu’il est normal de faire des erreurs, que l’on ne peut pas réussir du 1er coup, ni à tous les coups, mais qu’il ne voit pas tes essaies et tes échecs, cela jouera contre le message que tu souhaites passer. Il entendra tes mots. Mais ton comportement, tes actes lui diront tout le contraire…

A ton avis, quel message va-t-il retenir ? Celui que tu lui dis ou celui qu’il voit ?

Prise de conscience qui te fait grandir

Le point que je souhaite te faire prendre conscience à travers cet épisode c’est de t’encourager à relâcher la pression que tu peux te mettre en cheminant vers la parentalité bienveillante. La culpabilité qui peut pointer le bout de son nez quand tu te compares à ce que tu vois sur les réseaux sociaux, à ce que tu lis dans les livres ou les blogs. A tous les « il faut », « je dois ».

Accompagner ton enfant dans la bienveillance commence par t’accorder cette bienveillance à toi-même ! C’est un chemin que tu empruntes, et comme tout chemin, c’est un pas à la fois.

Usain Bolt n’a pas couru le 100m en moins de 10s quand il a commencé à marcher !

Alors ne cherche pas à cocher toutes les cases que tu estimes appartenir à la parentalité bienveillante !

Commence par travailler une. Fais-en sorte qu’elle devienne un automatise. Et une foi intégrée tu pourras augmenter le niveau d’un cran supplémentaire… Et ainsi, un pas à la fois !

Tu l’auras compris, faire le choix d’une parentalité bienveillante ne signifie pas être la mère parfaite. C’est même tout le contraire selon moi !

Je considère que je suis une meilleure maman pour mes enfants en leur montrant mes erreurs et mes faiblesses que de montrer une image parfaite.

Je chemine dans ma parentalité et il m’arrive encore de déraper, de crier… et je m’en excuse auprès de mes enfants.

Être sur le chemin d’une parentalité bienveillante, c’est être une maman parfaitement imparfaite. C’est se remettre en question, déraper, s’excuser, corriger. C’est grandir et apprendre en même temps que son enfant. C’est apprendre avec et grâce à son enfant !

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