J’ai écrit mon premier article concernant mon organisation lors de la reprise du travail pour continuer d’allaiter exclusivement mes enfants en 2017.

J’étais alors maman de 2 enfants avec un travail à temps plein, absente 5 jours par semaine, de 9h à 18h, sans compter les déplacements professionnels ! Si vous ne l’avez pas lu, je vous invite à le retrouver ici : Mèrecredi : une mam’allaitante au travail…. On s’organise comment ? Chocapic a ainsi été allaité exclusivement jusqu’à ses 13 mois et Choupinette jusqu’à ses 15 mois (arrêt à cause d’une grève de la tétée non surmontée 😢)

Aujourd’hui je souhaite vous partager ma petite mise au point, mon évolution, avec ce 3ème allaitement, avec Cacahuète.

Ma situation : Bébé de 5 mois, reprise à mi-temps

Mon fils est né en Août 2018, et qui dit 3ème enfant, dit congé maternité un peu plus long : 18 semaines contre 10 semaines pour les 2 premiers.

Ces 2 mois supplémentaires sont vraiment appréciables, je ne comprends toujours pas pourquoi en France on demande à une jeune maman, qui se remet à peine du tsunami qu’est l’arrivée d’un enfant, de détruire ce fragile équilibre qui commence tout juste à pointer son bout du nez, avec un bébé qui n’a même pas 3 mois ! Mais bon, c’est un autre sujet, je m’égare 😊

J’ai donc repris le travail aux 5 mois de mon fils, ayant posé également quelques congés pour profiter et materner à 100% le plus longtemps possible… Et fais le choix de reprendre mon activité professionnelle à mi-temps dans le cadre d’un congé parental d’éducation à temps partiel

Conditions de garde & Rythme des tétées

J’ai la chance de bénéficier d’une crèche d’entreprise avec mon employeur. C’est une crèche mutualisée entre plusieurs entreprises qui nous a totalement séduit par leurs principes de respect de l’autonomie de l’enfant, respect de son rythme. Si vous me suivez ou avez déjà lu quelques-uns de mes articles, vous avez sans doute compris que ce sont 2 valeurs auxquelles je suis très attachée 😉

Alors, lorsque je leur ai posé la question concernant mon souhait de fournir du lait maternel, ils ont naturellement été en phase avec notre projet. Et ont même été proactif en me proposant de venir l’allaiter sur place si je le désirai ! Et encore une fois j’ai la chance que la crèche soit à côté de mon travail. A peine 5 minutes porte à porte en voiture !

A 5 mois, sur une garde de 8h30 – 17h30, mon fils avait encore besoin de 3 tétées (il n’était pas encore diversifié) lorsqu’il était gardé, et non avec moi en mode « open boobs » (= allaitement à la demande) :

  • Une tétée le matin vers 9h (malgré une tétée « petit dej’ » vers 7h, il reprenait souvent en début de matinée)
  • Une seconde sur l’heure du déjeuner
  • Une troisième pour l’heure du goûter

J’ai donc décidé de donner une tétée à mon fils à notre arrivée à la crèche. Cela permettrait de combler son besoin de la matinée. Et de profiter d’une séparation adoucie, tous les 2 rechargés à bloc en ocytocine et en câlins !

Le midi je prends sur ma pause déjeuner pour le retrouver à la crèche et lui donner une tétée.

Il ne restait plus que le besoin de lait pour le goûter. Je fourni donc à la crèche un biberon de lait maternel que les éducateurs de la crèche lui donnent en mon absence.

Explications de mes choix de 2 tétées et 1 biberon de lait maternel

Le midi :

Concernant la tétée du midi, j’ai fait le choix de me déplacer pour aller allaiter mon fils à la crèche plutôt que de fournir un biberon de lait maternel. Cela peut paraitre beaucoup de contrainte aux yeux des autres, pour moi et ma pause déjeuner, mais c’est une solution qui me convient car j’y tire plus d’avantages que cela ne représente d’inconvénients (pause déjeuner raccourcie -même si je rappelle, jusqu’au 1 an de bébé le droit nous donner 2 pauses de 30 minutes pour les mamans allaitantes-, fatigue car devoir « courir » entre le travail et la crèche etc…)

  • Le premier avantage et non pas des moindres : je vois mon bébé ❤
  • Rien n’égale la succion de bébé pour entretenir sa lactation !
  • J’aime mon tire lait mais entre donner le sein en peau à peau et me brancher à mon ami le tire lait, il n’y a pas photo, mon choix est fait !
  • Je prends l’air, sors la tête du contexte du travail… Et rien que le fait de s’aérer l’esprit est bénéfique ! Une petite coupure dans la journée et me rend plus productive à mon retour, rechargée à bloc !

Le goûter :

Encore une fois, vu la distance qui me sépare de la crèche, j’aurai pu faire le choix d’utiliser mon droit à 2x30minutes pour me déplacer pour le gouter et allaiter mon fils. Mais cette fois ci, j’ai fait le choix inverse, trouvant que la balance contrainte/avantage était en faveur de l’introduction du biberon. C’est mon choix personnel, d’autres pourront le voir différemment 😉 Je vous partage juste ici le fruit de ma réflexion, ce qui a guidé mes choix pour peut-être alimenter et vous aider dans votre propre réflexion…

En contre partie de la liste de tous les avantages que j’ai énuméré plus haut, voici ici les contraintes que j’ai ressenti qui m’ont amené à ce choix :

  • Autant m’absenter pendant ma pause déjeuner me semble facile à justifier, autant disparaitre 30 minutes en plein milieu d’après midi me semble contraignant et affecte ma productivité. J’ai régulièrement des réunions. Il m’est plus facile de faire décaler une réunion de 15 minutes (temps nécessaire pour tirer mon lait et tout ranger) que 30 minutes. C’est donc un double problème : baisse de ma productivité/disponibilité pour mon travail et temps allongé si je me déplace. Sans parler du fait que je ressentirai plus fortement la pression de devoir me dépêcher. Donc le sentiment de courir, de stresser… que des facteurs non bénéfiques pour moi, mon bébé, notre allaitement…
  • Aucune certitude sur le fait que mon fils sera réveillé à mon arrivée. S’il vient juste de s’endormir cela m’obligerait à le réveiller et donc ne pas respecter son rythme… Un peu à l’encontre de mon souhait de respecter ses besoins physiologiques.

Tout cela m’a donc conduit à renouer avec mon vieil ami le tire lait 😊

Ma routine de tirage au travail, ou comment je disparais 15 minutes top chrono

Depuis mon premier allaitement pour Chocapic en 2013, j’ai acheté un tire lait électrique nomade. Il est petit, sa batterie a une durée top (Je ne le charge pas souvent… Au point de ne pas avoir idée du rythme… peut être une fois par mois maintenant qu’il ne sert qu’une fois par jour, 3 jours par semaine). Il s’agit du Freestyle de Medela. Je n’ai aucun partenariat, c’est simplement un produit dont je suis très satisfaite 😉. Il est livré avec son sac de transport, un sac isotherme pour 4 biberons et son pain de glace adapté pour bien caler les biberons.

Donc depuis 2013, avec 3 allaitements, lui et moi on se connait bien !

Encore une fois, pour tout ce qui est routine, organisation avec le temps de travail, je vous invite à lire mon premier article sur le sujet. J’y aborde mes petits trucs pour penser à aller tirer mon lait quand je suis absorbée dans ma tache de travail, comment faire comprendre mon indisponibilité à mes collègues sur le créneau 15h-15h15 etc…. C’est par ici 😉

Bref, quand arrive 15h, je pars à la recherche d’un bureau vide (commercial en déplacement, collègue en vacances ou RTT etc…) ou d’une salle de réunion libre. Car dans mon entreprise nous sommes en bureaux partagés et proche de la surpopulation… Les bureaux vident sont des denrées rares et le site assez petit pour ne pas avoir l’obligation de mise à disposition d’un local dédié. Les rares fois où je n’ai pas trouvé de place, les membres du CSE (Comité Social et Economique) m’ont gentiment proposé leur local (bungalow au fond de la cour, mais au moins intime sans avoir recours aux toilettes !!)

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Afin que tout à chacun n’entre pas dans l’espace où je me suis réfugiée (les bureaux et salles de réunion ne ferment pas à clé !) j’utilise l’accroche porte de violetteillu

Il est très joli, bien pensé et surtout affiche bien la couleur de ce qui se trame derrière la porte ! Je l’ai imprimé, plastifié pour qu’il tienne la route, découpé et zou, en action !

On lance le chrono :

  • Je sors mon tire lait
  • Mes 2 biberons
  • Mes téterelles
  • J’installe ma brassière main libre

Pour cela c’est maximum 2 minutes 😉

  • Je raccorde les téterelles au tire lait et c’est parti pour une session de 10 minutes. 10 minutes de tirage qui sont ma pause… je lis, je scrolle mon téléphone et les réseaux sociaux… Tout en buvant un peu d’eau de ma gourde… Boire est devenu aussi mon rituel. A la mise en place de l’allaitement c’était une nécessité. Car j’avais très soif dès que bébé tétait. Et puis c’est devenu une habitude… que j’ai conservé en rituel pour être sûre de boire suffisamment dans la journée…

Les 10 minutes terminées c’est l’heure du rangement :

  • Je retire les biberons,
  • Les téterelles et la brassière.
  • Je transvase les biberons pour n’en avoir plus qu’un seul de plein et le place dans la glacière.
  • Range ma vaisselle « sale » (téterelles, embouts, biberon) dans ma boite de rangement pour être lavés le soir en rentrant à la maison.
  • Et enfin, je me « rhabille » et mets tout dans mon sac.

Pour tout ranger, c’est comme pour l’installation : 2 minutes maximum !

Donc au total il m’aura fallu ¼ d’heure pour assurer le gouter de mon fils du lendemain. Un tout petit investissement de temps qui permet d’allaiter exclusivement mon fils 😉

A l’heure où j’écris cet article de blog, Cacahuète vient tout juste d’avoir 1 an. Je tire environ 120-130 ml pendant ces 10 minutes, qu’il boit à l’heure du goûter, et cela semble tout à fait lui convenir !

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Cacahuète ayant donc plus de 12 mois, le droit ne me permet plus de bénéficier des 2 pauses de 30 minutes journalières pour allaiter. Mais comme mon organisation est bien rodée, mon travail s’effectue correctement, et que ma pause ne dure que 15 minutes sur la journée, je n’ai eu aucune notification me demandant d’arrêter. Donc je continue à donner le meilleur de moi-même à mon fils 😊

Ce qui a changé dans mes habitudes par rapport à mon précédent article de blog

Entre mon premier allaitement et ce 3ème j’ai beaucoup évolué… Notamment dans ma démarche de respect de l’environnement, du monde qui nous entoure et que nous allons laisser à nos enfants.

C’est donc naturellement que j’ai souhaité modifier ma routine pour tirer mon lait et diminuer les déchets inhérents :

Bouteille d’eau / Gourde :

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Avant j’achetais des petites gourdes d’eau en bouteille, pratique à emmener au travail ou pendant mes déplacements. Vu la quantité d’eau bu, l’impact en termes de déchet plastique était énorme (sans parler du coût financier !!!!). J’ai donc simplement acheté une gourde en inox… Ma gourde provient du site GaspaJoe. J’adhère totalement à leur démarche et philosophie. Je possède 2 gourdes : Une Friendly que l’on peut apercevoir sur mes photos. Et une Sporty, qui a une plus grande capacité (1L contre 700ml pour la Friendly) avec un bouchon paille que j’adore. C’est cette dernière qui m’accompagne dans la chambre pour les petites soifs nocturnes ou pour mes séances de sport !

Ranger ma vaisselle « sale » et transporter les accessoires du tire lait :

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Pour transporter à l’abri des saletés mes téterelles et embouts propres, puis les ramener mouillés de lait pour les laver à la maison j’utilisais avant des sachets zip congélation de 1L. Pratique mais pas du tout écologique vu que difficilement nettoyable. J’en consommais (et jetais…) 1 par jour ! A raison de 5 jours par semaine lors de mon premier allaitement…. Autant dire une quantité de déchet plastique énorme au final, au regard de l’usage… En réfléchissant j’ai trouvé une solution toute simple : prendre une petite boite (certes elle est en plastique… Mais se nettoie facilement et surtout je l’avais déjà dans mes placards car c’est une boite à gouter !). Je la nettoie tous les soirs en même temps que mes accessoires d’allaitement et elle est prête à reprendre du service le lendemain. Un tout petit geste qui me permet de limiter mes déchets !

Reste les sachets de conservation de lait maternel. Pour cela je n’ai pas trouvé de solution qui me convienne pour éliminer ce déchet plastique. Cacahuète consomme en flux tendu le lait. Il boit toujours le lait frais tiré de la veille, conservé dans le biberon dans lequel je l’ai tiré. Le lundi il boit le lait frais tiré du vendredi car le lait maternel se conserve au réfrigérateur plusieurs jours sans problème.

Mais dans certaines situations j’ai un surplus de lait qui ne sera pas consommé directement. Je le congèle donc et utilise des sachets de conservation spécifique. C’est le seul cas où tirer mon lait génère un déchet plastique. Je le trouve acceptable 😉

Etiquetage et simplification de ma routine

D’un point de vue organisation j’ai également beaucoup lâché prise sur mon besoin de contrôle : je ne note plus les quantités tirées, les quantités bues. Cela m’a convenu lorsque j’en avais besoin. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.

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La crèche accepte le lait maternel mais il doit être liquide (pas de lait congelé ou bien il doit avoir été décongelé par mes soins), et le nom et la date du tirage doivent apparaitre. J’ai donc pris l’habitude de coller un morceau de masking tape sur mon biberon (j’évite d’écrire sur le biberon pour un problème de migration de l’encre dans le lait) sur lequel je note le nom de Cacahuète et la date du jour où le lait a été tiré. Lorsqu’il s’agit de lait décongelé, je le précise sur l’étiquette afin que les éducateurs sachent qu’il faut jeter le lait s’il en reste, contrairement au lait frais qu’ils conservent pour le lendemain…

Voilà pour cette petite mise à jour de ma routine de « travailler et allaiter ».

Pour conclure, au moment de la rédaction de cet article, mon fils a 1 an, cela fait 7 mois que j’ai repris le travail et je continue de l’allaiter et de fournir du lait maternel à la crèche (entre autres parce que mon fils est IPLV, intolérant aux protéines de lait de vache, et qu’il ne peut donc pas prendre de yaourt ou autre substitut…. C’est également un choix 😉)

Et toi, comment t’organises-tu ? As-tu des questions auxquelles je pourrais essayer de répondre ? Ou bien as-tu des petites astuces à partager ?

Si tu penses que cet article peut aider une maman allaitante, n’hésite pas à le partager !

Mère…Credi!

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