octobre 1

Parentalité et Sexisme : Pourquoi je m’adresse aux mamans

Temps de lecture : 4 minutes

Parentalité, inclusivité et sexisme : Pourquoi je m’adresse aux mamans ?

Aaah je serais riche si j’avais reçu 1 euro chaque fois que l’on m’a notifiée que je n’étais pas inclusive, voir carrément antiféministe en réduisant la parentalité aux mamans…

Car je parle sur le site, dans le podcast, dans mon mail du samedi matin et sur les réseaux au féminin, en parlant des « mamans parfaitement imparfaites »… Et cela semble troubler certains et certaines d’entre vous.

Alors j’ai décidé de t’exposer mon point de vue, et te permettre de te faire une idée et savoir si cela finalement te dérange ou si c’est OK et que tu souhaites continuer de me suivre…

Car cette remarque, je l’ai naturellement des papas qui s’intéressent à la parentalité et se sentent exclus… Mais également de mamans qui voient par là ma contribution au maintien d’une forme de patriarcat où les questions de parentalité incombent à la maman…

Bref, tu l’auras compris, ce n’est pas un article comme les autres.

Je te laisse te faire ta propre opinion de ce qui décrit mon parti pris… Car oui, j’essaie d’être plus inclusive dans mes propos, mais mon ton restera majoritairement féminin, et je t’explique pourquoi…

Je parle de parentalité aux mamans : raison N°1

La toute première raison qui m’a ainsi conduit à parler de parentalité au féminin, et donc adressé aux mamans, c’est …. (roulement de tambour)…

Parce que je suis une femme et une maman !

Le site s’appelle Mère Credi en référence directe aux mamans… Pour le jeu de mot, mais aussi parce que je suis une femme et j’y partage ce que j’aurai aimé trouver quand je suis devenue maman et débarqué dans la parentalité bienveillante.

En 2013, la Parentalité Bienveillante était déjà en vogue… Mais je la trouvais terriblement culpabilisante… Voilà comment est né le site Mère Credi, puis le podcast dans la même lignée.

Une volonté de partager une Parentalité Bienveillante ET déculpabilisante.

Telle que moi j’aurai aimé la croiser…

Étant une femme, une maman m’adressant à une ami(e) maman, je m’adresse au féminin…

Tu le comprends, derrière mon choix il n’y a donc aucune revendication que la parentalité est une question de femme. C’est me prêter beaucoup plus de réflexion qu’en réalité 😅🤣

Parentalité et sexisme : Ma remise en question

Ayant commencé à avoir des remarques de plus en plus nombreuses sur mon choix de m’adresser aux mamans, j’ai commencé à réfléchir à ma motivation, comment être plus inclusive…

Car si cela ne se voit peut-être pas à travers mes articles, podcasts et autres moyens de communication, je me considère justement comme féministe, cherchant l’égalité homme femme que ce soit au travail ou à la maison. Le partage de la charge domestique et mentale est d’ailleurs un sujet de discussion récurrent au sein de mon couple, car nous avons tous les 2 beaucoup encore à déconstruire et j’y tiens…

Mon mec et moi quand on « discute » répartition des charges mentale/domestique

Bref, au départ ces remarques m’ont beaucoup déstabilisé et poussé à une remise en question, une introspection… Comment faire pour ne pas participer au patriarcat, tout en permettant aux mamans qui me suivent de se sentir 100% soutenues, comprises, entendues…

Il faut bien l’admettre, parler de « parent » est moins fort en termes d’identification (car plus générique) que de parler de « maman » ou de « papa ».

Cette remise en question m’a permis de clarifier ma volonté sur ce point : Je souhaite que toi, maman, tu puisses t’identifier pleinement à ce que je te partage. Je veux que tu ressentes à travers mes mots et ma voix un réel soutien…

Chose que je trouve plus difficile si je ne parle que de « parent ».

Donc oui, j’assume mon parti pris…

Mais je continue de t’expliquer pourquoi !

Je parle de parentalité aux mamans : raison N°2

La deuxième raison est un constat : Des personnes qui me suivent, m’écoutent et interagissent avec moi, le constat est simple : C’est à 99% des mamans !

Alors, oui, on pourrait me dire : « Forcément, vu que les papas ne peuvent pas s’identifier à ce que tu partages… »

Ce n’est pas faux…

Mais en même temps, cela resterait de toute façon difficile pour un homme de s’identifier à mes partages, étant moi-même une femme !

Des papas le font bien mieux que moi sur les réseaux sociaux (je pense à Papatriarcat, à Papa plume entre autres…)

Donc, dans la continuité de la première raison, je dirais que je persiste dans mon ton féminin, car les personnes qui me suivent sont majoritairement encore des mamans…

Oui, le monde est en train de changer et de plus en plus de papas s’intéressent par eux-mêmes à la Parentalité.

C’est une excellente chose, j’en suis ravie.

Mais cela reste encore trop anecdotique… Du moins, face à mon envie de te permettre de t’identifier à ce que je te partage, te permettre de te sentir complètement entendue et comprise, toi, maman…

Je parle de parentalité aux mamans : raison N°3

Le dernier point que je souhaite aborder est sous la forme d’une question…

Pourquoi est-ce que tu penses que lorsque je m’adresse aux mamans, tu en déduis que j’exclus les papas ?

Pourquoi cette dichotomie de pensée, cette opposition que si l’on s’adresse à un genre de personne, cela exclut de facto la seconde moitié ?

parler aux mamans ne signifient pas exclure les papas

(je fais un aparté : Cela ne m’a pas empêché d’accompagner en coaching individuel des papas ! Comme quoi, même des hommes se sont sentis inclus dans ma vision de la Parentalité!)

En tant que femmes, nous avons appris, dès notre plus jeune âge à « traduire » dans notre tête quand une phrase nous englobe dans un public masculin.

Personne ne s’offusque lorsque l’on dit « ils sont tous en train de manger » (ou peu importe le sens de la phrase) mais que cela inclue des hommes et des femmes !

Pourtant, de la même façon, pour plus d’inclusivité, nous pourrions demander à ce que la phrase soit corrigée : « Ils et elles sont en train de manger »…

Mais non, nous ne le faisons pas car les femmes traduisent automatiquement dans leur tête, sachant qu’elles sont incluses dans le pronom masculin « ils ».

Alors pourquoi, lorsque je parle au féminin, les papas et les mamans pensent que j’exclue les hommes du sujet de la parentalité ?

La réponse que je vais avoir c’est « oui, Maude, c’est la règle d’accord en français : Le masculin l’emporte sur le féminin »…

Oui, et ?

Pourquoi alors, si l’on est capable de traduire l’inclusivité dans un pronom genré masculin, ne pouvons-nous pas le faire dans un mot genré féminin ?

D’autant qu’il me semble que cette règle de grammaire n’a pas toujours été celle-ci (dans le latin ancien, il existait le genre neutre – qui existe toujours en allemand par exemple- mais également une règle de proximité : l’accord en genre se faisait alors en fonction du nom le plus proche… mais ce n’est pas le sujet !)

En quoi est-ce un problème pour toi d’entendre parler de parentalité au féminin ?

Bref, ma conclusion serait une série de questions (coach un jour, coach toujours… On va dire que c’est une déformation professionnelle !) :

Si tu es un papa ou une maman gêné(e) par le fait que je parle au féminin dans mes articles et parle des « mamans », en quoi est ce que cela te dérange, vu les raisons que je viens de te partager ?

Ce que je veux t’amener à te questionner, c’est de réfléchir à ta part d’ombre

Nous avons toutes et tous une part d’ombre en nous, des choses dont nous ne sommes pas fiers, des choses qui nous sont inconfortables.

Et dans une démarche de développement personnel, il est toujours intéressant d’aller interroger cette part d’ombre.

Exactement comme je l’ai fait quand j’ai commencé à recevoir ce genre de remarque. Cela m’a conduit à comprendre quel était le point important dans mon message, et confirmer mon choix, ma position. Oui, j’ai modifié mon approche pour parler de parent, plus souvent.

Mais mon mail du samedi reste la minute des mamans parfaitement imparfaites, le ton que j’emploie reste majoritairement féminin. Cette remise en question, ce questionnement de ma part d’ombre m’a permis de comprendre et affirmer mon choix. Avec suffisamment d’assurance pour oser le dire haut et fort dans cet article et prendre le risque de ne pas convenir à tout le monde.

Et c’est ok si c’est le cas. Je respecte ton choix et te demande la même chose en retour !

Bref, si mon choix te touche, vient titiller quelque chose en toi, c’est super car c’est une formidable occasion pour toi de venir interroger ta zone d’ombre !

Car comme je te l’ai déjà mentionné dans des précédents articles (les 4 accords Toltèques, le comportement de mon enfant me fait honte, La peur de l’enfant roi, etc.) :

citation les mots des autres sont les maux des autres

Alors, dis-moi, quels « maux » ressens-tu qui proviennent de tes mots jugeant mon parti pris de parler parentalité aux mamans avec un ton féminin ?

Quelle zone d’ombre cela vient-il mettre en lumière ?

J’espère que cet article t’aura permis de comprendre ma façon de voir les choses et pourquoi, malgré le fait de me considérer féministe, je fais le choix de continuer de parler majoritairement au féminin… Ce choix n’induit pas une exclusion tacite de ma part des papas… Bien au contraire !

Car si tu m’as écouté jusque là, que tu es papa, et bien j’en suis ravie, car cela témoigne de ton ouverture d’esprit et capacité d’adaptation à traduire mes propos 🙂

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